Un peu de jeu à leurs jours

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Les taupes s’activent près du compost, petits monticules de terre dans l’herbe grasse, quelques primevères, des jonquilles, un forsythia. On a rétabli l’eau, deux arrosoirs jaunes dressent leur nez dans l’angle d’un bassin, on en oublierait les morts. Mais pas d’au-delà au cimetière, des sentinelles veillent, pierres dressées indiquant un improbable accès : corps invisibles, corps morts dans la terre.
On entend des cris, corps éclatés et vivants sous les paupières des yeux des enfants, parties subtiles qui ne cessent de se répandre aux alentours du village, redonnant un peu de jeu à leurs jours et à leurs nuits.

Jean Prod’hom