Il pleut des cordes à la radio

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Il pleut des cordes à la radio, bouchon sur l’A1 et personnel en surnombre, les eaux montent dans la vallée. Les journalistes en sourient et pépient, coups de coude, coups de gueule et comédie, à l’abri, à la cafète comme au théâtre, avec un thé et des petits fours. C’est là qu’ils conçoivent en secret l’objet de nos indignations et la destination de la prochaine croisade. Ici on remue le thé avec le petit doigt et on rabote ses arguments avec des poncifs. On tire des plans gros-grains sur la comète, on improvise des catastrophes, détermine par triangulations ce qui doit être et ce qui aurait pu être, c’est la guerre culturelle. Rires de crécelles et tessons de bouteilles entre les dents, rouge sur les lèvres mais choix du dentifrice, c’est fun, les reporters de salon se gargarisent et rient. Oh  ! la vilaine énergie, l’humeur bon enfant, insistante jusqu’à la nausée, sotte, intenable de pied en cap  : les plaintes de circonstance et les regrets télécommandés s’attaquent aujourd’hui aux nuages.
On a beau tendre l’oreille, rien, pas même le bruit de la course du meurtrier, pas le moindre carré de colza, le bruit de l’avoine dans la bouche de l’âne ou le dégoût d’en être arrivé là. Silence. Poussière empoisonnée éteignez-moi ce poste à galène, la bonne humeur est effrayante. Restez avec moi petite ondée  !

Jean Prod’hom