Praz-Longet

Capture d’écran 2015-03-22 à 12.40.16

Praz-Longet : les poules picorent, chacune de leur côté, dans la cour, autour des remises, des dépôts, se hasardent dans l’enclos des moutons. Elles semblent connaître les limites de la propriété au-delà de laquelle elles ne s’aventurent pas, c’est le prix de leur liberté. Les agneaux n’ont pas leur assurance, ils n’ont que quelques jours et appellent leur mère même lorsqu’elle est à deux pas.

IMG_3244

A la Marjolatte, les oies s’aventurent aussi, mais en groupe  ; on entend, de derrière les écuries, le chant d’un coq, une voiture qui démarre, un chien puis plus rien  : la terre se réveille. Des corneilles jettent une ombre, virent avant de se percher sur les peupliers de l’allée  ; un tracteur va et vient à la lisière du bois, herse, émousse, ébouse, étale les taupinières. Et tout recommence, séparé par des silences : le coq, un chien, le pédalier d’un vélo, des feuilles mortes, sans ordre  ; invisibles, les moineaux et les mésanges assurent la continuité.
Une échelle est restée dans le verger tout l’hiver, pas besoin de la ranger, on en aura besoin  ; demain il y aura aussi un ou deux agneaux de plus dans le parc de Praz-Longet.
Cet instant clos, en bord de route, me rabiboche avec ce lundi qui a bien mal commencé  ; il me fait oublier ce que la suffisance de ceux qui battent l’air, nourris de certitudes, nous font endurer.

IMG_6632

Je ramasse Arthur à l’arrêt de bus, il est 4 heures et demie  ; j’emmène Oscar faire un tour, à la laisse, il n’en mène pas large, les chevreuils aboient de tous les côtés  ; j’en aperçois un sur l’autre rive du ruisseau. On le croisera plus tard, un bref instant.
Au Riau, même poussée, des moineaux et des mésanges, les ruisseaux qui vont à visage découvert, chatons, samares mêlés à la boue et aux herbes sèches, l’eau stagnante dans les fossés que bordent des ombellifères creuses, sans ombelles, des pourpiers qui s’y abreuvent. Dernières échappées que les balsamines, les orties, les épilobes et les ronces vont bientôt combler.
Les bois se réveillent  ; à plus de cent mètres de la maison, Fleur nous regarde passer, elle a, à l’évidence, plusieurs chez elles.

Jean Prod’hom