Route de la Moille-aux-Blanc (Corcelles-le-Jorat)

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Va si tu le veux,
j’aurai du retard,
j’ai fait le choix de l’oiseau qui picore.

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Ce n’est pas tellement ce vers quoi tend le chemin – Carrouge ou Ropraz – qui importe, ce n’est pas tant ce que nous allons y faire, puisque tout cela nous le connaissons trop bien et sera bien vite derrière nous.
Non, c’est l’imprévisible qui nous en sépare, ce quelque chose que nous longeons sans y toucher, que le regard caresse à peine, énigme et promesse  ; ce sont à gauche et à droite les talus, plus loin les esserts, les friches, les clairières, les bois, plus loin encore un demi-horizon.
Par une curieuse propriété de l’espace, ces tranchées qui ont défiguré la terre, qu’il nous a fallu tracer et creuser pour survivre, que nous empruntons quotidiennement et qui auraient pu faire de nous des taupes, nous ont donné accès de l’intérieur, pour autant que nous tournions la tête à gauche et à droite, à des fourrés secrets et à des échappées belles.
C’est aussi en raison de cette propriété de l’espace que la beauté ne cicatrise pas.

Jean Prod’hom