Certaines têtes vides

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Certaines têtes vides, violentes, dormantes, attendent dans le désert un signe de reconnaissance qui ne vient pas. Les circonstances les amènent à prendre l’affaire en main et à produire, parfois, le signe attendu, un double signe qui attesterait qu’il n’y a décidément rien qui vaille la peine et que leur tête est bel et bien vide : un carnage et leur suicide. Si celui-ci court-circuite leur démonstration – dont la poursuite devient impossible –, elle revêt dangereusement l’habit clinquant et séduisant de l’acte libre.
Il conviendrait donc, non seulement de protéger la société des actes meurtriers de ces anonymes – car, quoi qu’on en dise, ils n’ont pas de nom – , mais aussi de les maintenir en vie aussi longtemps qu’ils n’éprouvent pas ce qu’il ne cessent de nier et qu’ils partagent avec le reste de l’humanité, – quand bien même il serait plus judicieux de le leur faire voir lorsqu’ils sont enfants, de le leur faire toucher, entendre, sentir, goûter avant qu’on leur ait vidé la tête.

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Jean Prod’hom