J’ai reçu ce matin une gentille lettre

J’ai reçu ce matin une gentille lettre de Jean-Christophe B. Il m’apprend, au détour, qu’il se rend chaque été à Porz Even et qu’il en ramène… de minuscules coquillages. Il ajoute que des tessons, il en a plein une corbeille. Oh ! pas de ceux qui me rendraient jaloux, des tessons de campagne, trouvés dans la terre… pas arrondis, pas lisses, autre chose.
Le paragraphe, assez sévère, que j’ai consacré à Gaudi amène l’écrivain à faire un distinguo, qui n’est pas loin de me rabibocher avec l’architecte catalan lorsqu’il conclut : Quand tout ce qui est utilitaire sera comme le banc du parc Guëll, cela voudra dire que l’on aura entendu la leçon des ramasseurs de tessons et de bois flottés.
Les mots de cet essayiste, dont la trajectoire et l’écriture m’emballent depuis longtemps déjà, me donnent une fois encore la preuve, si besoin était, que ceux qui n’ont pas une minute, en trouvent une encore pour dire avec bienveillance, aux premiers venus, que leurs ratiocinations plongent leurs racines, elles aussi, dans ce qui les entoure.

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