Mussilly

Riau Graubon / 17 heures

Un élève vient me saluer ce matin avec un large sourire ; il m’informe avant d’entrer en classe qu’il a tenu dans ses mains, dimanche passé, un magazine dans lequel il a découvert un texte que j’ai signé. Il me le signale avec le ton de celui qui souhaite communiquer une bonne nouvelle à la seule personne qui l’ignorerait encore ; il me confie enfin l’avoir lu. Je m’en réjouis et lui demande, pour éviter tout malentendu, s’il se souvient de son titre ; il hésite quelques secondes avant de répondre : Vivre et mourir sans fin.
Cette approximation me séduit et je prends conscience que la proposition du gamin aurait pu, avec quelques aménagements, remplacer avantageusement le titre qui m’a alors semblé s’imposer : Vivre et mourir vivants. A la réflexion pas exactement, ou mieux : ce titre alternatif constitue en effet une invitation à écrire un texte qui reprendrait et prolongerait, en la bonifiant, la teneur de celui que j’ai commis.