La Montagne de bas (Célestin Freinet XXVII)

Annecy / 15 heures

Ce n’est pas en obligeant l’enfant à faire des actes qu’il ne comprend pas, pour lesquels il ne se sent aucun attrait, qu’on l’habituera à vouloir avec force et décision. Car vouloir quoi ? Il ne suffit pas de dire : « Il faut vouloir ! » Encore est-il nécessaire de distinguer dans quel sens exercer sa volonté. […]
Ce qu’il faut, ce n’est pas apprendre à vouloir mais apprendre à vivre. C’est un art, je le reconnais, autrement délicat que de donner un devoir ou de suivre la récitation d’une leçon. Vous ne pourrez d’ailleurs y réussir que si y concourent trois composantes majeures : la persistance de cette volonté de vivre, de grandir, de monter, malgré les risques, les peines et les souffrances, volonté qui anime l’être le plus déshérité, et qui est d’une puissante obstination chez le jeune enfant ; la collaboration bienveillante et la participation éducative du milieu ambiant, et enfin l’intuition et la compréhension intelligente, sympathique et agissante des éducateurs.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’effort, le plaisir et les jeux

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