Un livre

On a retrouvé aux Diablerets, tout près des corps de Francine et de Marcelin Dumoulin relâchés jeudi passé par le glacier de Tsanfleuron, une bouteille de limonade de chez Coudray Frères et Cie à Sion, une montre-oignon, un sac en peau de chèvre que le second avait confectionné pour l’un de ses amis de Savièse et qu’il avait décidé d’étrenner ce samedi 15 août 1942, jour de l’Assomption. Et un livre.
S’agit-il du roman du chanoine Michellod, consacré à la mère de celle qui fut prisonnière des glaces pendant plus d’un demi-siècle, La Brésilienne, dans lequel l’homme d’église ressuscite Eglantine, une étrange créature qui, après un séjour de deux ans au Brésil, vécut à Lourtier en faisant, jusqu’à la fin, note Anne Troillet-Boven dans ses Souvenirs et propos sur Bagnes, figure de corps étranger ?Conjecture insensée ! La Brésilienne du chanoine Michellod ne parut qu’en 1966 ; en atteste la page 225 :
« Emile, dis-je, il faut que tu me lises cette lettre. Elle doit venir de Savièse et je ne pressens rien de bon. » Emile rapprocha de son visage le falot que je venais d’allumer. Il prit le papier que je lui tendais et lut. « Bien chère, grand-mère, c’est moi Jean-Pierre qui vous écrit… un grand malheur nous est arrivé, car nous pleurons tous à la maison. Nous ne savons pas si papa et maman reviendront… »
La police valaisanne me confirme à l’instant qu’il s’agit d’un missel.

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