Jardin (Célestin Freinet XLIII)

Riau Graubon / 19 heures
Si vous aviez observé les enfants avec moins de parti pris, vous auriez certainement été frappés par la façon totale et exclusive dont ils se donnent à ces activités. C’est comme s’ils n’étaient pas de notre monde. La pluie peut tomber, ou l’école sonner, ou la maman appeler en vain pour manger la soupe qui refroidit… Il faut terminer la partie, avant de l’abandonner, non sans un profond regret que tempère l’espoir d’une reprise si proche. Et de pauvres savants prétendraient trouver mieux ! Ils imaginent des jeux méthodiquement classés par catégories, dont ils emplissent des livres destinés aux instituteurs ou aux moniteurs qui enseignent aux enfants à jouer. Et quand ceux-ci ont parfaitement compris les règles du nouveau jeu, et qu’ils sont délivrés de l’autorité qui l’impose, ils se réunissent clandestinement, déclenchent une comptine, et se donnent sans réserve à un de ces jeux-travaux qui restent pour eux l’idéale nourriture.
Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
Jeu-travail et instinct

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