Montagne du Château

Riau Graubon / 8 heures

Le 2 août fut une journée paisible. Assis à une table près de la porte de la terrasse j’avais étalé tout autour mes papiers et mes notes et faisais des transitions pour tenter de relier des événements fort éloignés, mais qui me paraissaient relever d’un même ordre d’idées.

W.G. Sebald, Vertiges

Donner un visage, prévoir, agender ou noter ce que je ferai tout à l’heure, ce soir ou demain, jusqu’à oublier ce j’aurais pu faire, ne diffère guère, au fond, des récits des événements dont j’ai été l’instigateur ou le témoin, auxquels j’ai pris part ou auxquels j’aurais pu prendre part, ou même de ceux dont je n’ai été que le siège.
Les uns et les autres nécessitent une énonciation que ne cessent de déplacer les coïncidences, qui sont comme des brèches dans lesquelles je m’engouffre et derrière lesquelles je suis bien obligé de faire en sorte que quelque chose s’organise.

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