Chemin du triage

Corcelles-le-Jorat / 12 heures

La bise agite le drapeau rouge à croix blanche du voisin, jour gris, jour blanc, jour glacé. Je fais du feu dans le poêle. Oscar se cale dans un fauteuil, j’embarque sur le mien et traverse en compagnie de Chopin la volumineuse Anthropologie de la mort de Thomas ; note une ou deux choses et les titres de trois ou quatre films qu’il mentionne et que j’ai vus autrefois. Tout cela avec un peu de précipitation, pour me rassurer je pense ; je souhaite en effet terminer cet essartage avant janvier.
Le brouillard et le givre recouvrent à nouveau les feuillus de la lisière du bois Vuacoz, dissimule les tendres colorations des restes de leur frondaison, leur rendant de cette substance qui leur manque désormais, que le vent a emportée ; ils ont retrouvé fierté, lumière et ombres. Je glisse au retour deux pizzas dans le four et pousse Oscar dehors, sur la grande boucle, nos oreilles frisent. J’aperçois au retour les filles au bout du chemin, vais récupérer Arthur à l’arrêt du Riau.

Traverse en début d’après-midi le dernier chapitre du second volume d’Ariès, avant de nous rendre, Lili et moi, chez le vétérinaire qui l’accueillera pour un stage dans deux semaines. Le ciel est bleu sur Montheron et la bise a faibli. Je cherche en vain sur le net Cris et chuchotements et Les Fraises sauvages. Je me rabats sur La Gueule ouverte de Maurice Pialat que je visionnerai ce soir.

Me voilà une nouvelle fois à la cuisine, avec des casseroles, un peu de salade verte, les restes de la soupe de la veille, des pâtes et une tarte aux poires préparée ce matin. On mange comme s’il nous manquait quelque chose, Sandra rentrera plus tard.

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