La Prélaz

Pampigny / 18 heures

Matinée studieuse en compagnie du vieux Isak des Fraises sauvages, puis des Fragments autobiographiques de Frances Yates dont L’Art de la mémoire, vanté par Enrico Castelnuovo, m’avait enchanté il y a plus de quarante ans. Entre deux, fin de matinée, balade avec Oscar à la Mussilly. Lili me fait faux bond à midi et je croque seul la moitié de la pizza que j’ai glissée au four.

Le Père Nicolas Caussin de la Compagnie de Jésus publie en 1624 un ouvrage dans lequel il invite les hommes à la perfection, en mêlant traités, maximes, exemples, vies d’hommes illustres d’hier et d’aujourd’hui,… Je lis dans le second volume de sa Cour sainte – second traité, troisième ordre – ce qu’il dit de l’un des plus importants métiers qui soit au monde… 

celui de bien mourir ; jamais on ne l’exerce qu’une fois et si on manque de le bien faire, on est perdu sans ressource.  C’est le dernier trait du tableau de notre vie, la dernière lueur du flambeau qui s’éteint, le dernier éclat du Soleil qui se couche, la fin de la carrière qui met fin à la course, le grand sceau qui scelle toutes nos actions. On peut corriger à la mort tous les défauts d’une mauvaise vie, et toutes les vertus d’une bonne vie sont gâtées, et souillées par une mauvaise mort.

Suivent cinq pages dans lesquelles le Jésuite expose les trois conditions d’une mort réussie : la résolution, le détachement et l’union, offrant en exemple la passion de Marie. Je retournerai à cet Ars moriendi qui, dans le silence assourdissant entourant la mort aujourd’hui, me semble mériter, parole d’agnostique, une attention soutenue.

Louise rentre de l’école avec deux amies ; quant à Lili, son rhume ne l’empêche pas d’aller faire du cheval à Pampigny. Pour éviter Cossonay, on passe par Gollion et Vullierens. Verveine au café du Chêne, lecture de La Mort d’Ivan Ilitch ; je me rends compte, à l’instant de payer, que j’ai oublié mon portemonnaie ; je le retrouve dans la voiture ; je paie donc, reprends Lili au manège ; je m’avise à l’entrée de Cossonay que j’ai oublié mon porte-monnaie au café du Chêne où l’on retourne en vitesse.
Bouchon sur l’autoroute, on rentre par Cheseaux et l’abbaye de Montheron. Repas sans Arthur qui est à l’entraînement : salade et rouleaux de printemps. Sandra ne fait pas longs feux, elle prend le train demain à l’aube pour un week-end à Milan avec deux amies. Louise et Lili vont se coucher peu après.

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