Arrêt de bus

Corcelles-le-Jorat / 16 heures

A l’endroit où s’élève aujourd’hui Bellechasse, entouré de son grand domaine, s’étendait encore, en 1898, une vaste plaine morne, coupée de fondrières et d’étangs, éven­trée de bourbiers, de flaques d’eau croupissante et de tour­bières abandonnées. La région était peu salubre et déserte. Le silence y régnait, à peine troublé par le coassement des grenouilles et les cris de la faune aquatique.

Plaquette éditée à l’occasion de la commémoration
du cinquantenaire des Etablissements de Bellechasse, 1948

Dès 1815 à Fribourg, on distingue les grands criminels des petits malfaiteurs : on punit les premiers dans des maisons de force, on corrige les seconds dans des maisons de correction.

En relevant notre population par l’instruction, par la diminution des excès alcooliques, par la protection de l’orphelin et de l’enfant abandonné, nous arriverons incontestablement à arrêter dans une forte proportion les condamnations correctionnelles et criminelles…

Theodor Corboud, 1890

En 1898 l’Etat crée la colonie agricole de Bellechasse sur le domaine d’Alphonse de Boccard, auquel s’ajoute en 1903 celui de la Sapinière, propriété du peintre d’Henri Berthoud. Y sont internés ceux qui abusent de la boisson, se conduisent mal ou ne font rien,  pour un internement d’un an au moins et de cinq ans au plus. Cette disposition n’est pas applicable aux infractions criminelles.
Les travaux sont variés : cultures, bétail, routes. L’établissement est donc, sur le principe, ouvert ; mais le fuyard repris est condamné au port des chaînes, au cachot au pain et à l’eau, à la suppression des jours de grâce et à la suppression de la correspondance pendant 3 mois. Une chapelle est construite en 1900 ; l’église est consacrée le jeudi 20 avril 1933 par Mgr Besson, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.

Inondation de Bellechasse | 1944

La jachère florale de Dizy, écrit J.-L. Zollinger, a été précieuse pour les linottes mélodieuses, les fauvettes grisettes, les alouettes des champs, les tariers pâtres, les bruants jaunes. Les solidages ont pris le dessus, la jachère disparaîtra en février de l’année prochaine. Que deviendront les chardonnerets et les oiseaux qui y ont établi leurs quartiers depuis douze ans ?

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