Cuisine

Corcelles-le-Jorat / 16 heures

Verveine au restaurant du Chemin de fer à Moudon, entouré de joueurs de cartes et de tiercé. Me penche sur les cimetières de Dizy et du Chaney, redistribue les événements de la première étape sur deux journées, renvoie le jésuite Nicolas Caussin et saint Augustin à un autre jour.

Wir müssen zufrieden sein, disait la mère du petit homme rencontré cet après-midi dans les bois, à la retraite depuis une dizaine d’années. Biologiste au-dessus d’Epalinges pendant plus de trente ans, cet enfant de Lucerne a inventé avec un collègue des souches de levure de boulangerie présentant une propriété d’être inactives mais de survivre sous réfrigération, qui peuvent être utilisées dans la préparation d’articles de boulangerie à cuire au four juste avant consommation, après conservation au réfrigérateur, en chambre froide ou sur un rayon réfrigéré, des souches qui  sont à l’origine de certaines pâtes Buitoni en vente dans nos supermarchés. Pour ne pas perdre la main il brasse aujourd’hui de la bière avec son fils, se promène dans les bois, voyage et pilote à la maison un Airbus, dans un simulateur, qui lui permet de survoler les régions qu’il a visitées au cours de sa vie. Il fait remonter cette passion à celle de sa mère qui, manquant de l’argent nécessaire pour quitter les alentours des Quatre-Cantons, voyageait dans l’atlas qu’elle avait pu acquérir. Il vient souvent se promener dans le coin, avec sa femme d’habitude, mais aujourd’hui elle prépare le repas de fête.

Adalbert Stifter, Le Sentier forestier (1844) in Le Sentier forestier, traduction Nicolas Moutin avec la collaboration de Fabienne Jourdan, Paris, Les Belles Lettres, 2014
D’accord avec l’enthousiasme de Friedrich Nietzsche pour la prose d’Adalbert Stifter et de Robert Walser pour celle de Gottfried Keller. Ou plutôt pour celles de leurs traducteurs puisque mon allemand défaillant m’interdit d’aller aux sources. J’ignore ce que je perds au change, et même si je perds quelque chose, et au fond ne veux pas le savoir.

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