Revitalisation de la Broye

Salavaux / 12 heures

Les quatre ouvriers qui oeuvrent depuis quelques mois à revitaliser l’embouchure de la Broye poursuivent les travaux de terrassement, des centaines de mètres cubes à déplacer. L’eau s’est engouffrée par la brèche taillée dans la digue en début de semaine, qui s’élargit ; encore quelques jours et la Broye retrouvera son ancien lit jusqu’au lac de Morat.
Au pied du mirador du Fanel, là où le canal de la Broye se jette dans le lac de Neuchâtel deux oies sauvages ; à une centaine de mètres, près dune gouille bordée de laîches une surprise, deux sangliers. Impossible pourtant de m’en approcher et de traverser jusqu’au pénitencier par le marais, c’est interdit ; je reviens sur mes pas et prends le chemin forestier qui file au nord, le chemin devenu route s’arrête devant le mur de Witzwil. Il est bientôt 13 heures, le travail reprend ; le portail orange s’ouvre, laisse passer deux cyclistes qui me dépassent ; ils ont endossé une espèce de gilet de sauvetage et enfilé un pantalon gris à bande rouge, de ceux que portaient les soldat de la première guerre de l’un ou de l’autre camp, j’ignore s’il s’agit de détenus ou de gardiens.
Je reviens jusqu’à l’auberge de la Sauge, personne ou presque. La tenancière de l’établissement, jeune, prend un moment avec sa fille, son mari est à la cuisine, son fils fait ses devoirs dans une petite salle à manger tapissée de lames d’arolle, les fenêtres donnent sur le canal. Elle est née à Salavaux, ses parents avaient un domaine, ils livraient des pommes-de-terre à Zweifel, des betteraves à Aarberg. Elle m’apprend que les pantalons à bande rouge de Witzwil appartiennent aux prisonniers.

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Des caravanes et des mobil homes partout : à Salavaux, sous le Tannenhof, le long des canaux, à la Tène. Un règlement est affiché à l’accueil de celui de Sugiez : la hauteur des mâts ne doit pas excéder 6 mètres, les tuyas seront taillés à 1 mètre 70, 1 mètre 80 pour les clôtures. Les barbecues sont autorisés.

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La Bella Italia est un restaurant italien au pied du Vully, son enseigne rouge ressemble à celle du magasin Denner qui la jouxte. En fin d’après-midi, la Bella Italia fait bistrot, on boit l’apéro.
Lorsque je commande une verveine, les retraités du coin accoudés au bar se retournent, ils sont onze : quatre bières, trois rouges, deux rosés, deux blancs ; un douzième fait son entrée, il commande un verre de rosé ; l’amateur du rouge se lève et quitte le bistrot, il laisse sa place à un candidat au blanc. Tout va très vite, je perds le contrôle : un nouvel arrivant, veste rouge, commande une bière, un Malien un blanc, un vieux un pastis. Il y a plus d’entrées que de sorties, des jeunes et des vieux maintenant. Il est 18 heures, je fais les comptes : nous sommes dix-huit, dix-sept d’hommes et une femme qui entoure notre ivresse.

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