Hagneck

Hagneck / 15 heures

L’inconnu qui a emprunté une barque au port de Lüscherz pour rejoindre l’île Saint-Pierre me demande une fois les pieds sur terre si je veux bien la ramener où il l’a prise. Comment refuser ?

Il pleut ce matin à Sugiez ; j’écoute au réveil, dans la pénombre derrière un store à lamelles, un universitaire allemand parler du Campo Santo de Sebald. Je reprends ensuite le chemin qui m’a conduit, il y a deux mois, de Aarberg à la zone industrielle de Studen.
Malgré le sale temps je me rends à Ins, trouve une place de parc à côté de la gare. Il est 11 heures lorsque j’enfile ma veste, je monte derrière l’église en direction du sommet du Schalterain. Il a cessé de pleuvoir, le chemin coule en pente douce jusqu’à Hagneck. Lorsque le lac de Neuchâtel puis celui de Morat ont disparu, celui de Bienne guigne et j’entends à midi sonner les cloches d’Erlach. Le vent et la pluie ont fait des dégâts, le chemin est encombré de chablis.
La colline du Budlig s’interpose devant le lac que je ne reverrai qu’à Gurzelen, du haut des pâturages et des vergers qui descendent jusqu’à Lüscherz : l’hôtellerie de l’île Saint-Pierre, vide à cette saison, a les yeux grands ouverts, le cordon de terre qui attache l’île au continent s’est rétréci depuis les pluies de la semaine passée, mais il ne rompra pas. J’entends chanter un coq à l’entrée de Lüscherz, mange une vilaine salade au bord du lac que je longe jusqu’au barrage d’Hagneck. Le train a un peu de retard, j’y monte à 15 heures 15.

Arrêt au centre commercial d’Avenches où je fais quelques courses et bois un café. Il pleuvine lorsque j’en sors. C’est sur la route de Berne que j’entrevois une solution, une réponse, une issue, une relance à laquelle je n’avais pas songé, qui a eu le mérite de tarder à venir et de me forcer à aller plus loin, à me faire patienter. Il a neigé au Riau.

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