Jardin

Riau Graubon / 17 heures

Tour du Häftli au réveil. Je poursuis par le chemin qui longe le canal de Nidau-Büren jusqu’à Brugg. Halte près des jardins-ouvriers avant Port. Le niveau du lac de Bienne est de 428.87 mètres aujourd’hui, contre 430,88 en été 2007, un été qui avait vu, comme en 2005, l’inversion des eaux de la Thièle. Je continue jusqu’au NMB où je parcours les expositions permanentes, avec le regret de ne pas retrouver l’exposition temporaire consacrée à Petinesca visible l’année dernière.

  • L’appartement 1800 de Dora Neuhaus, la donatrice du musée, descendante des Verdan-Neuhaus : salon et salon de musique, salle à manger, cuisine. Mais aussi pièces dans les combles, buanderie et chambres de domestiques.
  • Quelques aspects de Bienne ville horlogère, mais aussi ville de fabrication d’indiennes, celles de l’entreprise Verdan-Neuhaus par exemple fondée en 1747 est active jusqu’en 1842. 
  • – Des aquarelles de Paul-André Robert peintre naturaliste du XXème siècle qui, depuis qu’il a treize ans, peint des larves de libellules et leurs métamorphoses.
  • – Des illustrations de Karl Walser pour les textes de son frère Robert.
  • – Une collection d’objets en lien avec l’histoire du cinéma.
  • – Des objets témoins des anciennes civilisations de la région des Trois-Lacs.

Je rumine, hésite à décaler mon affaire en offrant une place à un nouveau venu, en métamorphosant le je initial en un il, c’est-à-dire en allégeant, de moitié au moins, la charge qui pesait sur ses épaules et en la faisant porter – au moins sa responsabilité – par un je nouveau venu. Dont il est évidemment impossible de se débarrasser ; car si en la plupart des livres, écrit Thoreau dans la première page de Walden, il est fait omission du Je, ou première personne, nous oublions ordinairement qu’en somme c’est toujours la première personne qui parle.
Il conviendrait, au cas où l’opération a lieu, d’établir fermement les relations entre l’ancien je et le nouveau, de répartir leurs tâches, de fixer leur rôle et de dessiner ce qui leur est commun. Le il pourrait par exemple avoir fait et dire ce qu’il a fait, le je écouter et écrire ce qu’il a entendu, sachant que chacun peut s’être livré de son côté à différentes activités. Cette distribution aurait la vertu de déconnecter la marche d’avec l’écriture, mais également de faire coexister l’immédiat avec le médiat et faire circuler leur incessants échanges.

– Comment mes histoires pourraient-elles plaire à un monsieur aussi instruit et aussi jeune que vous ?
– Peut-être plus que vous ne l’imaginez, et plus en tout cas que celles qu’on peut lire dans les livres.

Adalbert Stifter, L’Homme sans postérité, 1844
traduction Georges-Arthur Goldschmidt, Libretto, 2011

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