Bibliothèque

Riau Graubon / 21 heures

Ils avait du monde à Oron, hier soir, à l’occasion de la projection en avant-première du beau film de Mélanie Pitteloud – Dans le lit du Rhône. Notamment un chef de service du Département de l’économie, de l’innovation et du sport et un chef de division du Département du territoire et de l’environnement. L’un et l’autre à qui j’ai expliqué brièvement ma petite affaire ont gentiment accepté qu’on se rencontre pour parler de la correction des eaux du Jura, des problématiques devant lesquelles notre canton se trouve, dans la plaine de l’Orbe et la Broye vaudoise, des travaux de renaturation à l’embouchure de cette rivière à Salavaux, de l’avenir de la culture de la betterave et des jachères. Je leur écris un mot pour fixer un rendez-vous.

Croisière sur les trois lacs, de Bienne à Morat. considérations sur l’abbaye de Saint-Jean et sur le domaine de Montmirail. Je prends le train à Morat en début d’après-midi, en descends à Châtillens. Passe à la Fontanelle la semaine suivante. Fin. Un nouveau travail commence, dans la masse, que je souhaiterais terminer fin mars. Commencera alors, je l’espère, le meilleur.

Le roman se distingue de toutes les autres formes de prose littéraire – des contes, des légendes et même des nouvelles – en ce qi’il ne provient pas de la tradition orale, et n’y conduit pas davantage. Mais, par ce trait, il se distingue au premier chef du récit. Le conteur emprunte la matière de son récit à l’expérience : la sienne ou celle qui lui a été rapportée par autrui. Et ce qu’il raconte, à son tour, devient expérience en ceux qui écoutent son histoire. Le romancier, lui, s’est isolé. Le lieu de naissance du roman, c’est l’individu dans sa solitude, qui ne peut plus traduire sous forme exemplaire ce qui lui tient le plus à coeur, parce qu’il ne reçoit plus de conseils et ne sait plus en donner. Ecrire un roman, c’est exacerber, dans la représentation de la vie humaine, tout ce qui est sans commune mesure. Au coeur même de la vie en sa plénitude, par la description de cette plénitude, le roman révèle le profond désarroi de l’individu vivant.

Walter Benjamin, « Le conteur in Oeuvres III », Gallimard, 2000

Leave a Comment