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Riau Graubon / 19 heures

La villa de Boscéaz s’étend sur une terrasse au centre d’un domaine de 400 mètres de côté, limité par un mur le long duquel s’élèvent des bâtiments : habitations, hangars, greniers, écuries, ateliers. Au centre de ce qui ressemble à un palais, une cour dallée entourée d’un portique à colonnade avec au milieu un jardin et une fontaine.
Suite à son abandon, les vestiges de la villa de Boscéaz ont servi de réserve de pierres, sont devenus la hantise des agriculteurs qui endommagent le soc de leur charrue ; en automne 1845, lorsque Albert Jahn dégage lors de fouilles privées deux mosaïques, l’une d’elles est attaquée à coups de pioches les mois suivants, celle du labyrinthe remblayée est oubliée ; on la redécouvre en 1930 en mauvais état, elle est aujourd’hui abritée dans un pavillon.
Des lignes noires parallèles et concentriques dessinent un labyrinthe entouré d’une muraille surmontée de créneaux stylisés, coupée par quatre portes et appuyée sur quatre tours d’angle. Le motif du labyrinthe est curieusement traité puisque nul n’a besoin de fil pour quitter l’antre du minotaure, il suffit de suivre le chemin, pour autant qu’il y ait une sortie.

 

Ch. Bétrix a réalisé en 1845 une lithographie d’ensemble du labyrinthe de Boscéaz. Les auteurs du petit guide consacré à la villa d’Orbe remarquent que, si un point de départ figure bel et bien sur la copie, on n’aperçoit curieusement aucune sortie ; le graveur l’a peut-être omise, mais elle aurait pu exister dans la partie détruite.
Je parie sans prendre de gros risques qu’elle existait bel et bien, je parie également que le point de départ ne se présentait pas comme Bétrix l’a représenté – l’original d’ailleurs le démontre. Il a suffit au mosaïste d’ajouter un rang à l’un des quartiers, de réduire ipso facto la longueur des parties, de ménager une entrée et une sortie. Merci Arthur !

Sources | Laurent Flutsch et compagnie,
La villa gallo-romaine d’Orbe-Boscéaz et ses mosaïques, Pro Urba, 1997

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