Mont Blanc depuis Champ Colomb

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Senarclens / 17 heures

Dans la cour de la ferme des restes de verglas, de la boue et du gasoil mélangé au bleu du ciel, à l’angle de l’écurie pêle-mêle le tas des délaissés : un arrosoir rouge, sans sa pomme, un tuyau d’arrosage, un tonneau à petits fruits, bleu, une brouette, pneu crevé, des manches à outil orphelins, de la ferraille, quelques tuiles, un églantier. Bientôt des orties. Un volet claque, le pot de bruyère sur le rebord de la fenêtre vacille, les moineaux s’envolent. La maison est vide.

La molasse a pris au soleil le grain et la couleur du miel ; quant à l’eau de la fontaine, elle n’a pas cessé de couler, la margelle est détrempée, je connais la musique.

Cette ferme et cette cour, la vieille les avaient habitées sur la pointe des pieds, si bien que tout continue aujourd’hui comme avant, comme si elle y avait toujours été. Ou jamais.