En réalité, derrière cette légèreté dont il ne se départissait jamais tout à fait — comme s’il pressentait qu’un jour elle pourrait lui manquer —, François nourrissait une inquiétude plus profonde. Il craignait que les commissions de contrôle et de surveillance ne consacrent l’avènement de ce soupçon permanent qui finit par empoisonner nos vies. Mais parce qu’il ne souhaitait pas que notre rencontre se termine sur une fausse note, il me raconta l’histoire de Rosine de Champ-la-Pierre.
Nous nous sommes levés et mis en route, laissant derrière nous les anciennes porcheries et, un peu plus loin, l’un des endroits les plus mystérieux de la commune, sur la rive droite du Gillabert, un pré, autrefois clos, que fanait Jean de la Vaux Grise, friche aujourd’hui, herbes hautes et eaux mortes, ferrailles abandonnées, aubépines et saules au milieu d’un champ d’orties.