À peine partis

À peine partis, nous nous nous somme arrêtés à la sortie du village, au-dessus de l’ancienne tannerie. François tendit alors le doigt vers l’entrée du Biolu. De là, m’expliqua-t-il, un bief détournait les eaux du Gillabert sur une cinquantaine de mètres pour actionner les pilons de la tannerie et alimenter ses bassins. Il ne subsiste plus rien de ce bâtiment, qui avait appartenu, dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, à Jacques Daniel Penseyres, puis à son fils Michel. Le visage de François s’éclaira, mais il n’en dit pas davantage. Je compris pourtant que le nom des Penseyres reviendrait un jour dans nos conversations.

En amont de tout roman

 

Les oubliés de l’histoire mais aussi nos chroniques lacunaires et le continent des oeuvres perdues nous rappellent que, en amont de tout récit et de tout roman, de toute idée de complication et de réparation, de damnation et de rédemption, une possibilité veille, une possibilité sans cesse reconduite, la possibilité de ce qui n’est pas encore ou déjà plus.

Rosine de Champ-la-Pierre

 

En réalité, derrière cette légèreté dont il ne se départissait jamais tout à fait — comme s’il pressentait qu’un jour elle pourrait lui manquer —, François nourrissait une inquiétude plus profonde. Il craignait que les commissions de contrôle et de surveillance ne consacrent l’avènement de ce soupçon permanent qui finit par empoisonner nos vies. Mais parce qu’il ne souhaitait pas que notre rencontre se termine sur une fausse note, il me raconta l’histoire de Rosine de Champ-la-Pierre.