Capo

Palerme / 12 heures

Ce qui m’a décidé à entrer en fin d’après-midi dans l’oratoire du Rosaire de Saint-Dominique, ce ne sont pas tant la ribambelle d’angelots et les seize statues vertueuses, en stuc, réalisés par Giacomo Serpotta, que la grande peinture attribuée à Van Dyck, que les auteurs de mon guide annoncent ainsi : Notez un exceptionnel Van Dyck, dans lequel la Vierge se bouche le nez, importunée par les effluves nauséabondes de la peste de 1624.
En réalité seul un angelot se bouche le nez au premier plan, avec à ses pieds un crâne, des roses que sainte Rosalie touchent du bout des doigts, Olive, Agathe, Christine et Nymphe qui entourent saint Dominique recevant des mains de la Vierge le rosaire.
Était-ce manœuvre pour attirer le naïf que je suis et que le mauvais goût ne rebute pas, ou légèreté des rédacteurs tout prêts à assurer, comme on a l’habitude désormais de le faire, qu’il aurait pu en aller ainsi, que Van Dyck n’aurait pas manqué, si on le lui avait demandé, de peindre le dégoût sur le visage de la Vierge avec le talent qu’on lui connaît.

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