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Riau Graubon / 14 heures

La revitalisation de l’ancienne Aar et de ses rives a été confiée à une entreprise familiale de plus de 600 collaborateurs, Basler & Hofmann, une entreprise qui intervient dans une quantité de domaines, de la gestion de l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse à l’extension de la gare de Lausanne ou à l’assainissement des ancrages des viaducs de Chillon.
Le projet de revitalisation de l’Aar est de grande ampleur, mené à coup de pelleteuses et de tronçonneuses sur plusieurs kilomètres et plusieurs années, des ouvriers ont dégagé des milliers de mètres cubes de terre et de bois pour redynanimiser la rivière qui s’était transformée en un un canal anémique et monotone, on a réouvert un de ses anciens affluents ; on a aménagé deux étangs pour que les rainettes puissent se développer à nouveau, élevé un banc de galets pour les reptiles et les lézards, éclairci les pinèdes pour donner une chance au retour des orchidées, mais aussi encombré par endroit le lit de l’Aar d’arbres morts pour diversifier les courants et offrir aux poissons eaux calmes et remous, abaissé les rives à certains endroits pour inonder les zones alluvionnaires. On informe les promeneurs, expose aux enfants les raisons de ces travaux de titans.
Le syndicat d’aménagements des eaux constitué des représentants des dix communes riveraines indique que ces travaux étaient nécessaires en raison des risques de crues de l’ancienne Aar, rares mais importantes, comme en 2006 et 2007 ; les crues inondent alors les zones bâties des communes riveraines, Lyss, Studen ou Dotzingen et causent d’importants dégâts matériels. Pour le biologiste de Basler & Hofmann, la priorité cependant demeure la revalorisation écologique.
(Sources : Basler & Hofmann)

Les crues de 2006 et 2007 ont mis à mal les berges du canal de Hagneck, qui sont devenues perméables et se sont affaissées n’assurant plus une protection suffisante. La diversité des espèces a tendance à s’appauvrir. Il s’agit donc d’oeuvrer dans les deux directions, restaurer sin efficacité et aménager de nouvelles zones alluviale et de crues, en créant des anses et des berges plates, des bras latéraux, des embuissonnements, des pierriers.
(Sources : Bulletin Schlossmuseum Nidau)

Le 22 août 2005, quelque 1450 mètres cubes d’eau par seconde (m3/s) ont transité par la digue de Hagneck, dont 600 m3/s provenant du bassin-versant de l’Aar et 850 m3/s de celui de la Sarine et de la Singine. Cela correspond à une quantité dix fois supérieure à la norme. Impossible, dans ces conditions, d’éviter une crue des eaux du lac de Bienne.
D’habitude, les hydrauliciens sont en mesure de gérer sans problème un débit de 650 m3/s au barrage de régulation de Port. Or, seuls 300 m3/s se sont écoulés par là ce jour-là. Le problème, c’est que les crues ont aussi touché la rivière Emme près de Soleure, qui a charrié, avec 500 m3/s, quarante fois plus d’eau que d’habitude. Pour éviter le pire, il ne restait qu’une solution : réduire le débit au barrage de Port, selon le critère dit de Murgenthal. Celui-ci prévoit un écoulement maximal de 850 m3/s dans l’Aar à la station de mesure de Murgenthal, près de la frontière argovienne.
Dans la nuit du 23 août, le lac de Bienne a dépassé la cote d’alerte de 44 cm. Mais la rétention du débit au barrage de Port n’a pas provoqué une crue incontrôlée du lac. En effet, lorsque les eaux atteignent un certain niveau, le courant du canal de la Thièle s’inverse en direction du lac de Neuchâtel. Selon la carte, 200 m3/s s’y sont ainsi déversés. C’est le génie de la CEJ : grâce à elle et au barrage de Port, les lacs du pied du Jura sont reliés comme un bassin gigantesque permettant d’éviter les inondations.

Bulletin Schlossmuseum Nidau

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