Domaine Bovy

Chexbres / 13 heures

Ciel bleu et prés blancs au Riau. J’écris une ou deux choses qui me sont arrivées un matin d’octobre au Florida de Studen. J’avance avec précautions, sans notes, en évitant de fermer les portes derrière moi et en maintenant le maximum de largeur possible. Une chose s’est jouée là, qui réoriente la suite de mon affaire, en lui donnant une autre vitesse et une autre pente, et sur laquelle il va m’être difficile de revenir.
Grand tour avec Oscar dans les bois, on remue la neige. Je fais un saut à la déchèterie avant de descendre à Vevey, par Chexbres où je fais une pause, dans les vignes, sur le banc d’un cabanon de vignerons. Rien ne presse.

Françoise lit, Edouard n’est pas là, il est dans les galeries d’art genevoises. On partage un café et des pâtisseries, je lui raconte mon affaire, elle écoute. On boit un second café avant de remonter à Chexbres où je la dépose. Les filles rentrent de l’école quand j’arrive au Riau. Départ pour Pampigny avec Lili qui profite du trajet pour cirer ses jambières et ses chaussures. Verveine à l’auberge du Chêne.

Johann Rudolf Schneider est né à Meienried en 1804, à la confluence de la Thièle et de l’Aar. Il se rend à l’école à Büren, pour autant que le régime des eaux de l’Aar le permette ; il est le cadet de six enfants et ses parents vivent des produits de terre, menacés chaque année par les crues des deux rivières ; ils tiennent également une auberge Zur Galeere, où font halte les barques qui montent le chasselas du Lavaux à Soleure.
Rudolf Schneider commence un apprentissage de pharmacien qu’il interrompt pour commencer des études de médecine à Berne puis à Berlin. Il ouvre une pharmacie et un cabinet à Nidau dans l’intention de soulager les Seelandais qui souffrent de maladies chroniques et d’épidémies dont sont responsables les marais et une pratique médicale médiévale.
Schneider est âgé de 29 ans lorsqu’il se retrouve à la tête d’une association née à Nidau qui a vocation de trouver une solution aux problèmes liés aux inondations. Il rédige à 31 ans un mémoire dans lequel il démontre le lien existant entre l’état sanitaire de ses concitoyens, la misère locale et les marais ; il charge le populaire Jeremias Gotthelf d’écrire un roman pour disqualifier les guérisseurs et les charlatans, ce sera Anne-Bäbi Jowäger. il propose en outre des travaux de grande envergure, le détournement de l’Aar dans le lac de Bienne, la canalisation le la Broye, de la Thièle, l’assèchement des marais et leur mise en culture. Mais le prix de ce chantier pharaonique nécessite une concertation entre les cinq cantons directement concernés, des cantons en aval et de l’état central. Schneider s’engage donc dans une carrière politique qui le mène à Berne au Grand Conseil, au Conseil d’Etat ensuite, au Conseil national enfin ; il parvient à convaincre en 1850, avec d’autres radicaux, la toute jeune Assemblée fédérale de financer la correction des eaux du Jura, en recourant à l’article 21 de la Constitution qui lui donne le droit de participer aux travaux qui intéressent l’ensemble du pays ou une partie considérable de celui-ci.
Le chantier est ouvert en 1867, Schneider est arrivé à ses fins. Il assiste à l’ouverture du canal de Hagneck en 1878, il a 73 ans. Il meurt deux après.

Sources | Schloss Museum Nidau

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