Quai du Bas 45

Bienne / 15 heures

La prière cette nuit
sera mon seul propos.
Car je l’ai accompli,
car je l’ai bien gardé,
ce jour ; je peux me reposer.


Robert Walser, Gedichte 1909
Au bureau, Zoé, 2009
traduction Marion Graf

Si les musées dédiés à l’histoire et aux civilisations permettent de réfléchir, comme l’écrit le directeur du NMB en 2012, à notre condition humaine et à notre positionnement au cours de l’histoire, ma visite de ce matin m’aura confirmé dans l’idée qu’on ne se presse pas au portillon : personne quand je suis arrivé à 11 heures, personne lorsque je suis parti à 15 heures, ni au musée Schwab ni au musée Neuhaus.
J’y apprends au passage que le père du colonel Friedrich Schwab, David a fait des affaires au Portugal avec des indiennes. Le fils n’a pas eu besoin de travailler. Il siège au Conseil municipal, chasse et étudie l’Antiquité ; il paie des ouvriers à la journée pour pêcher des objets lacustres, rachète la collection de l’antiquaire Müller de Nidau – récipients, épingles, couteaux… En 1861 il engage un cantonnier à l’année pour extraire les objets du fond du lac. L’homme a sa fierté, il refuse en 1863 de travailler pour Napoléons III, ou de lui vendre sa collection ; mais l’homme est généreux, il met à disposition de l’empereur certaines armes pour que ses archéologues puissent en faire des moulages. Schwab et ses ouvriers collecteront plus de 4500 objets.

Retour à 17 heures par Studen qui ne ressemble décidément à rien, par Aarberg – les fours sont éteints –, par Salavaux où les digues de la Broye sont levées ; je fais quelques courses à Avenches, passe à la laiterie de Corcelles et prépare le repas.

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