Deux coups au clocher du collège

Capture d’écran 2016-03-04 à 18.42.24

S’il était clé d’évasion,
un seul livre suffirait.
Non non ! les livres ramènent à la maison.

IMG_7269 (1)

(Poèmes de Monsieur)

Deux coups au clocher du collège, une rumeur gronde, monte, bifurque ; les cris deviennent clameur, se déplacent comme une nuée d’étourneaux avant de disparaître.

Le parolier a fait sa visite hebdomadaire. Il m’a raconté une histoire dont il ne restait que la charpente. Il ignorait tout du poitrail de la grive.

Un livre est ouvert sur ma table de nuit, ouvert comme une parenthèse. Pas la force de lire, pas la force de le fermer. Pas un mot non plus, me voici bientôt invisible à moi-même.

Jean Prod’hom

Vucherens

Capture d’écran 2016-03-04 à 18.42.13

Ni aigre
ni dupe,
un peu moineau.

IMG_7262

Non pas que je sois sorti de la partie, bien au contraire, ou que je m’en sois détourné ou éloigné. Non, les figurants qui occupaient la salle l’ont quittée ; je me retrouve seul, sans histoire et sans décor, coulisses et avant-scène confondues, carrousel immobile délesté du fil des heures, de l’ordre des années et des mondes. Les rideaux restent ouverts sur ce qui ne se représentera pas mais qui se prolonge comme un point d’orgue qui ne faiblirait pas, avec des couleurs et des frémissements qui durent aussi longtemps que la faim et la soif ne me rappellent à ma première nature et à mes obligations.

Jean Prod’hom

Villars-Burquin

Capture d’écran 2016-03-04 à 18.42.06¨

Parti sur le dos d’une libellule,
revenu
dans le ventre d’un Boeing.

Parti dans le ventre d’un Boeing,
revenu
sur le dos d’une libellule.

IMG_7206

Deux écrivains très amis ont eu l’honneur de publier cette année deux beaux livres agrémentés d’aquarelles. Chez le même éditeur. Le premier a rédigé une série de petits textes aussi denses que les trous noirs qui peuplent l’univers, le second trois longues proses aussi lisses qu’une page sans recto ni verso. Tous deux ont placé en tête de leur recueil quelques lignes d’un poète mort il y a une cinquantaine d’années. Le sage – qui n’aura eu l’occasion ni de les lire ni d’en sourire – avait mis toutes ses forces, sa vie durant, à croiser au large du double écueil qui menace la poésie : la transparence et l’opacité.

Jean Prod’hom