Histoire de l'art 1

A peine lisible, quelque chose comme un aphorisme calligraphié, il y a longtemps déjà, sur un mur délabré d’une maison à l’abandon : Qui n’a pas vu double n’a rien vu. Nulle explication nulle mention. Tant mieux !

A l’instant même où nous cessons d’être l’auteur de ce que nous avons écrit, où nous nous dégageons, à peine un instant, de ce que nous avons fait, à l’instant même où nous cessons d’en être le dépositaire, nous commençons à voir double : les choses enfouies naguère dans les plis de la conscience immédiate s’installent à mi-chemin de ce que nous étions et de ce que nous serons, au milieu.
Les choses dites, peintes, écrites, les choses représentées retrouvent un instant leur mystérieux quant-à-soi et le monde, à nouveau habité par des réalités qu’un autre nommera à son tour, s’élargit. Il y a place désormais pour un avenir de l’art.

Jean Prod’hom