Chemin d’en haut (Célestin Freinet LXX)

Corcelles-le-Jorat / 12 heures

– Nous avons cru qu’il fallait partir de la connaissance et de la documentation pour accéder à l’expérimentation, pour en comprendre les lois et les enseignements, pour aborder enfin le domaine mystérieux de la création. Vous prétendez partir de l’expérimentation et de la création pour arriver à la connaissance, qui appelle la recherche et la connaissance… Ce serait sans doute plus logique. Reste à voir s’il vous sera pratiquement possible de faire fonctionner dans ce sens l’organisme.
– C’est en effet ce retournement qui est tout, parce que lui seul permet au sang nouveau, né du travail, de donner dynamisme et vie à des disciplines qui, sans lui, ne sont que tâches imposées, et donc toujours plus ou moins rébarbatives.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant

La Chamberonnne (Célestin Freinet LXIX)

Lausanne / 14 heures

Expérimentation et création sont des activités malgré tout communes. De tout temps, des hommes s’y sont livrés, avec plus ou moins de génie, avec plus ou moins de succès. Elles ne sont pas spécifiquement scolaires. La nouveauté que nous mettons en avant, c’est cette documentation qui leur apporte l’appoint de la connaissance et leur permet d’aller toujours plus avant, avec plus d’audace et de sûreté, qui les intègre dans le processus complexe du progrès humain: documentation par exemple du milieu ambiant par le livre, la fiche, l’image, le journal, la correspondance, les échanges intercalaires, le magnétophone, la photographie, le cinéma, la radio.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant veut travailler comme il veut se nourrir

Jardin (Célestin Freinet LXVIII)

Riau Graubon / 17 heures

Nous abandonnerons, nous aussi, le râtelier scientifiquement construit. la litière neuve et la mêlée savamment combinée – et nous essayerons, à la fois humblement et intelligemment, de préparer à l’enfant ce pré plantureux, humide et ensoleillé, riche en herbes délectables et en fleurs dont le seul parfum est la plus délicate des nourritures.
Mais cette nourriture ne sera pas toujours prête, et comme offerte passivement. le poulain se lasse des carrés trop drus où chaque coup de langue fait son plein. Il gambade – et vous vous en étonnez – vers une revers de canal, jusqu’à la rive ombragée du ruisseau, pour chercher, pour choisir et savourer ce qu’il avait peut-être en abondance dans le coin délaissé. L’enfant de même devra souvent conquérir sa nourriture, la mériter et l’atteindre par la recherche, par l’effort, par la création, le travail.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant veut travailler comme il veut se nourrir