Plage de Lutry

Lutry / 16 heures
… un poète. J’entends par là, non point tellement quelqu’un qui écrit des poèmes, mais quelqu’un qui voudrait parvenir à une absolue saisie de ce en quoi il vit et à rompre son isolement par la communication de cette saisie.
Michel Leiris, Hommage à Alfred Métraux, 1964

 

Conservatoire

Lausanne / 17 heures

C’est mercredi, y a partout des gamins qui suçotent des bonbons, habillés du dimanche sous la verrière de septembre, ils raient et retournent les couloirs, c’est le bronx, ils se cachent sous les bancs.
Silencieux d’un coup, la porte s’ouvre, penché sur un piano, accroché à la corde d’un violon, il entre penaud, lèvres serrées sur la anche d’un hautbois, la porte se ferme; tête d’ange ou torturé, de quoi demain sera-t-il fait?

Grands-Prés

Froideville / 13 heures

Les idées, les rêves, les opinions auxquels elle avait souscrit et prêté sa voix sans trop bien savoir pourquoi – en existait-il d’autres? – l’avaient obligée à leur prêter une consistance, sans laquelle elle aurait vraisemblablement manqué de l’appui qui lui aura permis de s’en éloigner, et distinguer en chacun d’eux ce qui, d’un côté, empoisonnait sa vie et ce qui, de l’autre, était susceptible de donner à celle-ci un peu de sens et de repos.