Hangar

Jardin / 9 heures

Difficile de pas lier l’histoire du roman avec celle du poêle: ni l’un ni l’autre en effet ne nous incitent à voyager; y niche en outre une flamme qui, consumant à feu doux le destin et un peu du bois dont il est fait, nous procure une chaleur que nous ne trouverions jamais dans notre propre vie. Ce qui attire le lecteur vers le roman, poursuit Walter Benjamin, c’est l’espérance de réchauffer sa vie transie à la flamme d’une mort dont il lit le récit.

 

Bibliothèque

Riau Graubon / 11 heures

Quelque chose du dehors – piégé accidentellement dedans le cerveau – se glissa à l’intérieur d’une phrase qui roula en pente douce jusqu’au milieu de la ville pour s’y établir et dérouler son programme.

Jardin

Riau Graubon / 18 heures

Les traces que Robert Walser a laissées de son passage étaient si légères qu’elles ont failli s’effacer. […]

Depuis, j’ai lentement compris que tout est lié par-delà les époques et l’espace, la vie de l’écrivain prussien Kleist et celle du prosateur suisse qui dit avoir été l’employé d’une société de brasserie par actions à Thoune, l’écho d’un coup de pistolet sur le Wannsee et le regard par une fenêtre de l’asile d’Hérisau, les promenades de Walser et mes propres excursions, les dates de naissance et les dates de décès, le bonheur et le malheur, l’histoire naturelle et celle de notre industrie, celle de notre pays et celle de l’exil.

W.G. Sebald, Séjours à la campagne