Sainte-Catherine (Lausanne)

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Adieu la vapeur, bienvenue à l’interconnexion généralisée, celle des machines, des systèmes et des personnes, bienvenue au sommet économique de Davos qui a ouvert ses portes hier, avec pour thème la quatrième révolution industrielle, celle qui va tirer parti de la rencontre de la physique, du numérique et du biologique. 

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J’en ai entendu parler ce matin à la radio, tandis que je roulais sur le plateau de Sainte-Catherine. Lorsque le spécialiste s’est tu, j’ai aperçu au Chalet-à-Gobet, montant d’Epalinges, une vague immense, menaçante, sur laquelle j’ai préféré, un instant encore, fermer les yeux en prenant la route du golfe.

Jean Prod’hom

Triage (Corcelles-le-Jorat)

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Peu de bruit sous celui assourdissant de mes pas, la neige est haute et lourde. Il faut s’arrêter et tendre l’oreille pour s’assurer que la vie n’a pas cessé, deviner le ruisseau en contrebas, l’avion au-dessus du brouillard, la poignée de neige qu’une branche laisse échapper.

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Le temps s’est adouci, il goutte, les couleurs ont disparu. Je monte au triage, on dit des bouvreuils pivoines qu’ils sont sédentaires ; les miens ont visiblement une résidence secondaire. Je demeure immobile, Oscar aux aguets ; c’est notre silence qui effraie le chevreuil caché dans le sous-bois, il se hâte de changer de quartier.
A la cime des arbres, le sifflement des oiseaux ne tiennent qu’à un fil.

Jean Prod’hom

Les Cullayes

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Il a neigé cette nuit, Pierrot a ouvert la route à l’aube. Je monte à la Mussilly, la neige s’étend à perte de vue ; le soleil guette au-dessus du brouillard, personne pour nous arrêter. Je songe à Robert Walser marchant dans les collines d’Appenzell. Ce n’est naturellement qu’une image, et la neige n’est pas une page.

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Mais s’il est allé mourir au bout de l’épuisement au-dessus de Hérisau, à quelques pas d’une barrière contre laquelle il ne se sera pas appuyé, préférant ouvrir les bras à la terre et au ciel, c’est qu’il avait déjà consciencieusement pris congé des hommes, s’efforçant depuis longtemps à n’être rien, ou presque rien. Les récits de Robert Walser en témoignent, par où la vie se manifeste, jolie et imprévue. Ils courbent l’espace que lui-même traverse en ligne droite, sans y toucher, laissant à la fin le livre ouvert, pages blanches dans lesquelles il ne fut jamais vraiment question ni de commencement ni de fin.

Jean Prod’hom