Chantepleure

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Cher Pierre,
La canicule n’a pas desserré les dents, je m’efforce de passer entre les gouttes, le matin à l’ouest dans la bibliothèque, l’après-midi à l’est dans le jardin.

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J’en ai terminé hier avec l’année scolaire 2014-2015, je reprends ce matin les 12 textes que je suis allé rechercher, il y a un mois, dans la fosse à bitume ; ils attendaient bien sagement, certains depuis plusieurs années ; il ne m’a pas été trop difficile de retrouver ce qui s’y jouait et de leur redonner ici et là un peu de la lumière et de l’ombre que je croyais y avoir mis. Françoise a accepté d’y jeter un coup d’oeil avant que je les fasse parvenir au responsable de la revue qui m’a contacté.
M’attelle ensuite à la seconde tâche que j’aimerais mettre en boîte avant de partir en famille, vendredi, pour l’Île d’Yeu. Elle me conduit à une représentation datant du premier quart du XIVème siècle, on y voit un jardin qui chante ; il pourrait être celui d’Anne de Graville et Pierre de Balsac dans l’Aveyron, encadré par deux rangées d’arbres ; la main de la fortune tient une chantepleure qui répand son contenu sur les plantations. On peut lire la devise suivante :  Musas natura, lacrymas fortuna, qu’on pourrait traduire par : Les arts, naturellement, mais pas sans larmes, ça ne m’avance guère.
L’auteur de l’article – wiktionary – sur chantepleure renvoie au texte de l’évangile de Matthieu qui remet un peu de jeu et d’asymétrie dans cette affaire : Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais point cet homme. Et aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus, qui lui avait dit : Avant que le coq ait chanté, tu me renieras trois fois. Et, étant sorti, il pleura amèrement.
J’ai encore bien à faire mais je m’arrête là ; on part en famille à Froideville nous doucher et manger.

Jean Prod’hom

Incorrigiblement tourné vers le bonheur

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Cher Pierre,
La canicule a ceci de bon qu’’elle oblige à nous coucher tard et à nous réveiller tôt, si bien que les jours s’allongent sans qu’on le veuille vraiment. Je rédige, sitôt levé, l’e compte-rendu de la course de trial qui a eu lieu le week-end passé sur les rives du lac de Zurich, en utilisant les notes que m’a fait parvenir Jean-Daniel ; redistribue ce qui s’est entassé depuis quelques semaines dans la bibliothèque, bois un café. Anne-Hélène me téléphone, elle est mal en point, c’est le soleil, on se verra lundi prochain seulement, à 5 heures au Bugnon.

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J’’en profite pour descendre au milieu de la matinée à la mine, mettre un peu d’’ordre dans mes affaires, vider quelques armoires, en extraire ce qui ira à la benne ; l’’idée est simple, quitter dans deux ans ma charmante prison les mains dans les poches, discrètement, léger, avec un stylo peut-être, et le livre que je serai en train de lire ; j’ai du travail, certaines armoires sont encore pleines de choses dont j’ai à me séparer.
Je mets à la poubelle des rouleaux de scotch, une cargaison de trombones que je n’utilise plus depuis des années, des boîtes de punaises dont plus personne ne voit l’emploi ; je récupère, à l’inverse, un paquet d’élastiques que j’ai gardé au fond d’un tiroir, au cas où, qui me serviront à maintenir roulées les affichettes de Grignan que je compte distribuer ici ou là.  
Je place dans une boîte l’’indispensable : un tube de colle, une paire de ciseaux, une agrafeuse, un taille-crayon, une machine à calculer, une équerre que j’utilise en début d’’année, quelques stylos et quelques crayons ; en déplace une autre qui contient quelques objets que je n’’ai guère utilisés mais qui ne m’’ont jamais lâché. Ils ont été comme des promesses, ou des idées régulatrices : deux clochettes qui tintent à un demi-ton près, un cadenas avec sa clé, cinq dés à jouer taillés dans de l’épicéa, un sablier.
Je réunis en haut d’’une étagère une poignée de livres que je souhaite ouvrir une dernière fois dans le cadre scolaire ; il y a Claude Gueux, Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas, Derborence, quelques Maigret, le Christophe Colomb de Jules Verne, le Pourquoi tu veux que ça rime d’Odile Cornuz, Le Grand Meaulnes, le Double assasinat dans la rue Morgue, Le Crispougne de Daniel Thibon, De ma lucarne et Contre l’oubli d’Henri Calet, le C.V. de Dieu de Jean-Louis Fournier, Je ne veux plus aller à l’école de Claude Klotz. D’autres, je le crains, les rejoindront au cours de l’été.
Il est quatre heures lorsque je quitte la classe, m’arrête à la Dubarde, y dépose le livret scolaire de S. qui n’est pas à la maison. Raymond m’invite à boire un verre de rosé ; on parle de la mine des Roches, des travaux qu’il y a réalisés, de ses petits-enfants, de l’abbaye qui se déroule au Châtaignier, de l’école, de l’ancienne laiterie.
il est un peu plus de 18 heures lorsque j’arrive au Riau, on mange un peu de fromage, quelques abricots, des fraises. Je relis avant de me coucher les très belles pages que Jean-Christophe Bailly consacre aux jardins ouvriers dans Le Dépaysement. Admirable écriture, celle d’un homme incorrigiblement tourné vers le bonheur.

Jean Prod’hom

Tom Blaser cartonne à Zurich !

Très grand week-end pour les trialistes de Moudon, à l’occasion des deux manches de la Velo-Trial Swiss-Cup qui se sont déroulées sur les rives du lac de Zurich ; mais aussi à l’occasion des deux épreuves qui ont permis de désigner les Champions suisses 2015, en 20 et en 26 pouces. Tom Blaser a réussi chez les Juniors deux courses du tonnerre qui lui ont valu de monter deux fois sur le podium.

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La délégation du TCPM sur les rives du lac de Zurich avec leurs entraîneurs : René Meyer et Jean-Daniel Savary.

Dans la course du samedi 27 juin, à Stäfa sur la rive droite du lac, Tom est en effet devenu Champion suisse des 20 pouces, au terme d’une course menée avec intelligence – il le fallait puisque le second n’est qu’à un seul point du vainqueur. Loïc Rogivue termine, lui, à une belle 5ème place.
Non content de son triomphe de la veille, Tom a réitéré ses exploits le dimanche 28, sur la rive gauche du lac cette fois, à Wangen dans le canton de Schwytz : il termine en effet sur la seconde marche du podium, à deux points seulement du vainqueur. Steve Jordan a obtenu une excellente 4ème place. Notons encore que la couronne de Tom Blaser le qualifie d’office pour les Championnats d’Europe et du Monde.

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Tom Blaser dans ses oeuvres.

D’autres membres du club ont brillé sur les rives du lac de Zurich puisque, on l’a dit, s’y déroulaient parallèlement aux Championnats suisses, les 4ème et 5ème manches de la Velo-Trial Swiss-Cup.
A Stäfa, le TCPM fait coup double chez les Poussins : Jules Morard (1er) et Théo Benosmane (2ème) n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Camille et Romain Girardin continuent leur apprentissage et se retrouvent aux 7ème et 11ème places. Même figure chez les Benjamins où Kouzma Rehacek (1er) et Michaël Repond (3ème) squattent le podium. On retrouve un peu plus loin Mathieu Habegger 6ème) et Thomas Girardin (8ème). Chez les Minimes, Théo Grin termine à la 10ème place. Loïc Rogivue (2ème) n’en finit pas de nous surprendre cette saison, il semble avoir trouvé ses marques dans la catégorie des Juniors et ne quitte plus le podium. Le travail des entraîneurs porte ses fruits, l’avenir du club est assuré.
Les pilotes n’ont guère eu le temps de se reposer ou de fêter leur succès, il leur a fallu passer de l’autre côté du lac à Rapperwil et rejoindre Wangen. Théo Benosmane (1er) monte pour la première fois sur la plus haute marche du podium, ses entraîneurs attendaient cette première victoire depuis quelques semaines, c’est fait ; Jules (4ème) l’applaudit. Camille et et Roman terminent respectivement aux 14ème et 15ème places. Michael (3e) et Kouzma (4ème), les deux vainqueurs de la veille chez les Benjamins, ont appris à Wangen qu’il convient parfois de se contenter des seconds rôles ; Thomas termine à la 9ème place, même place pour Théo Grin chez les Minimes. Quant à Loïc, on l’a dit, il n’est pas décidé à redescendre du podium, il termine troisième chez les Juniors.

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Kouzma Rehacek et Michaël Repond, Tom Blaser, Jules Morard (1er) et Théo Benosmane.

Grand week-end donc pour le Trial Club Passepartout de Moudon, si chaud que la journée s’est terminée dans le lac, sauts et plongeons ; chacun a pu y noyer ses regrets ou y arroser ses succès.

Jean Prod’hom