Les Rogivue d'Oron à Tramelan

Le dimanche 14 juin s’est déroulée à Tramelan la troisième manche de la Coupe suisse de trial, là même où Tom Blaser, il y a une année, devenait champion suisse junior. Les douze coureurs du club de Moudon ont une fois encore fait bonne figure : Théo Benosmane et Loïc Rogivue sont montés sur le podium.

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Loïc, un incontournable du TCPM

Il y a deux façons de se rendre dans le Jura bernois, par Berne et Bienne ou par Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds. Si vous choisissez le premier itinéraire vous gagnerez quelques minutes, si vous choisissez le second, vous aurez à traverser les Franches-Montagnes, c’est un enchantement : les sapins y sont comme des îles ou des archipels dans le vert sans bord des pâturages, les fermes ont de larges hanches et une façade blanchie à la chaux, les poulains ne lâchent pas d’un sabot leur mère, les auberges vous offrent leur terrasse, l’étang de Gruère sa fraîcheur. Mais sachez qu’en vous y rendant de ce pas, il faudra vous lever tôt pour être à l’heure.
Les carrières Huguelet, c’est une saignée de pierres et de terre au milieu des prés ; chaos et ruines qui auraient pu servir de décor à un James Bond de banlieue. C’est dans cet abandon que les meilleurs trialistes de Suisse se sont retrouvés pour déterminer qui auraient à tenir les premiers rôles. A ce jeu, les coureurs du TCPM se sont bien défendus.
Chez les Elites, Tom Blaser a terminé à une excellente 5ème place, Romain Bellanger plus loin, à la 12ème ; chez les Minimes, Théo Grin à la 10ème. Chez les Benjamins, Michaël Repond qui revient de blessure finit à une remarquable 4ème place, à deux points seulement du podium qui l’attend ; tout près de lui, Kouzma Rehacek (5ème) et Matthieu Habegger (6ème) prêts à jouer les premiers rôles. Chez les Poussins, Jules Morard se retrouve au pied du podium, sur lequel Théo Benosmane (2ème) monte pour la troisième fois cette saison. Bastien Perrin (6ème), son frère Maxime (9ème) et Kelian Crausaz (11ème) poursuivent leur apprentissage.
Il y a un pilote dont nous voudrions aujourd’hui souligner la performance, c’est Loïc Rogivue ; un ressortissant d’Oron qui tient cette saison les premiers rôles dans la catégorie des Juniors, il obtient une belle troisième place. La progression de Loïc, qui s’est mis au trial en 2007, à 8 ans, est constante. Loïc a fait toutes ses classes au TCPM, entraîné par René Meyer et Jean-Daniel Savary ; on ne compte plus ses podiums, il est devenu un incontournable sur le circuit, toujours prompt à donner un coup main, généreux, jamais avare de ses efforts et de son temps. Et le temps, il en a moins ; Loïc a commencé en effet un apprentissage de charpentier en automne dernier, il continue pourtant à s’entraîner deux fois par semaine, avec le sourire. Dans ces conditions, il n’est pas simple de continuer un sport à un tel niveau, il le fait. Pas seul, ses parents sont à ses côtés depuis le début, ils ont juré fidélité au club ; Martine, sa mère, s’occupe depuis quelques années de la caisse du club et Stéphane, son père, pour ne pas demeurer en reste, a fait les cours de juge et officie toute l’année sur les courses. Ce sont les Rogivue d’Oron qui assurent, avec les parents de Baulmes et de Marnand, de Belmont, d’Hermenches, de Moudon et de Palézieux, de Vulliens,… l’existence de ce club qui fait la fierté de la région. Bravo aux Rogivue !

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Martine et Stéphane Rogivue

Rendez-vous dans une semaine à Wangen et à Stäfa. Les samedi et dimanche 26 et 27 juin couronneront en effet, dans les canton de Schwytz et de Zurich, non seulement les vainqueurs des quatrième et cinquième manches de la Swiss Trial Cup, mais encore les nouveaux champions suisses 2015. Et à ce jeu, nous espérons que le TCPM aura, dans la catégorie des juniors, quelques cartes à jouer…

Jean Prod’hom

Vues étroites

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Cher Pierre,
J’ai pensé à vous, cet après-midi, vous l’ennemi juré…

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Il est pour la propriété,
mais contre les moineaux, les chats,
les puces, les merles,
contre les corbeaux, les serpents, les adolescents,

pour les clôtures,
mais contre les rongeurs, les pigeons,
les fouines, les bébés, les cafards,
les chauves-souris,

pour les apéritifs dinatoires
mais contre les taupes, les vipères,
contre les pucerons, les hérissons, les renards,
les chiens, les vagabonds, les guêpes,

pour le respect des principes,
mais contre les lièvres, contre les rats,
les sangliers, les belettes, les foetus,
contre les hirondelles, les licornes, les colombes.

Jean Prod’hom

Logis de la Licorne à La Ferrière

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Cher Pierre,
Sur le balcon du premier étage du Logis de la Licorne, à La Ferrière, le soleil fait ses œuvres à l’endroit même où la fraîcheur de la nuit s’attarde. J’aurais voulu que les choses aillent de ce pas jusqu’à l’autre bout du jour.

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J’y suis encore : devant, le potager, deux chevaux, des roses, une banque, la voie de chemin de fer, des géraniums, le grincement d’une balançoire avec deux gamins dessus, un randonneur qui demande son chemin. A gauche, la cime des tilleuls du parc jouxtant la maison d’Abraham Gagnebin, un parking. Sur la bute l’église. Des voix me parviennent de la terrasse, il y est question de sécurité routière, de radars, d’enfants tués. Je dois me faire à l’idée que Rousseau a passé une semaine ici, chez Gagnebin, qu’ils sont allés herboriser dans les tourbières de la Chaux-d’Abel ; j’y parviens sans être en mesure de les suivre.
Je suis parti du Riau la veille, arrivé à La Ferrière à 21 heures, après une longue halte à Chapelle chez Ginette, avec Valérie et Charles. Seul puisqu’Arthur a décidé de renoncer aux compétitions. Et si je me rends à Tramelan, c’est parce que j’ai accepté de rédiger, une année encore, les compte-rendus des courses du trial pour les journaux locaux. Il a sonné 8 heures 30 au clocher de l’église.
Je serais bien resté encore à l’écoute des heures creuses, de ce qui reste de la nuit, de ce qui se prolonge, si l’on y regarde bien, jusqu’au soir. J’en aurais profité pour raconter cet homme ivre qui m’a confié la veille qu’une femme lui avait jeté un sort, qu’aux sorts il n’y croyait pas, mais que, au vu de ce qu’il avait dû supporter tout au long de la journée, il y croyait dur comme fer, qu’il n’avait pas pu faire autrement que de s’adresser à l’une de ces bonnes sorcières qui vivent avec le don, capables non seulement de contrer les mauvais sorts, mais encore de les renvoyer à leurs expéditeurs. Et, de prétérition en prétérition, j’aurais passé ce dimanche sur ce balcon, sans avoir à recommencer ailleurs.
Il me faut pourtant lever le camp, le patron arpente son potager, arrache quelques mauvaises herbes ; deux gamins font grincer la balançoire, ce ne sont pas les mêmes, ils parlent allemand ; la barrière de la voie de chemin de fer se baisse, je regarde revenir le train de la Chaux-de-Fonds, il est 9 heure 13.
On a l’impression parfois que chacun, chacune, chaque chose se relaient, assurant ainsi la poursuite de l’entretien infini du monde avec lui-même.

Jean Prod’hom