Échos avant l'aube d'une fête techno

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Échos avant l’aube d’une fête techno qui secoue notre cage thoracique ; craquements d’os dans les combles, Fleur se fait les dents ; sonnerie du téléphone enfin, c’est l’heure. Le billet de la veille étant resté en plan, je commence par là, il est 7 heures lorsqu’on quitte le Riau plongé dans la grisaille. Pas de circulation sur l’autoroute, ni sur la route qui monte à Savièse. On fait une halte au centre de Saint-Germain, Arthur achète des boissons à la COOP, je sors de la boulangerie avec des pains au chocolat.

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Arthur se rend au bureau des inscriptions ; trop tard pour rouler dans la catégorie des juniors, il restera donc avec les cadets pour cette première course de la saison. On se donne rendez-vous à dix heures, j’en profite pour entrer dans l’église paroissiale de Saint-Germain.
Alors bien sûr, il y a Ernest Biéler, ses vitraux et les mosaïques du chemin de croix qui, à certains endroits, ne m’ont pas tant fait penser à Byzance qu’à Cordoue, mais il y a surtout les hautes colonnes de tuf dont les nervures se déploient, sans chapiteau, jusqu’aux clés de voûte, et les voutains recouverts de chaux, qui font penser aux ailes ouvertes des piérides de l’aubépine.
Arthur réalise une belle moitié de course, il est surtout moins fébrile que l’année passée. Une main par terre, lors de son dernier passage, lui rapporte 5 points de pénalité, ce qui ne l’empêche pas de terminer à une belle seconde place.
Départ de Savièse à un peu plus de 17 heures, arrivée dans la cuisine du Riau à 19 heures 30 ; je cuis des pâtes, lave de la salade, Sandra prépare une sauce, je plonge une poudre à la vanille dans un demi-litre de lait, le tour est joué.
Et pendant que Sandra et les enfants regardent Pirates des Caraïbes 4 ou 5, je travaille au compte-rendu de la course de Savièse, sans en venir à bout. La pluie qui nous a épargnés toute la journée se met à tomber, elle mêle ses traits aux rayons du soleil ; tous deux déposent déposent sur le bitume et dans le ciel deux immenses feuilles d’or.

Jean Prod’hom

Un troisième oeuf est né

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Cher Pierre,
Un troisième oeuf est né, je suis allé le voir ce matin à vélo ; sans Oscar qui fait trop de bruit. J’ai taillé au sécateur quelques rameaux du saule qui a poussé entre eux et moi, la femelle s’est envolée. La femelle est revenue, le mâle ne s’est pas montré. Me réjouis des jours prochains.

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En roulant sur le chemin du retour, sous le soleil, avec les chants à la fois pointus et liquides des oiseaux, le vert de l’herbe nouvelle, avec le ruisselet et les chevreuils dans le pré de la Mussilly, les ruches et tout ce qui autour ne demande rien, avec la campagne et les bois qui bougent à peine, je songe une fois encore aux récits d’André Dhôtel, avec la conviction que la féerie et le délicat tremblement qui traversent ses récits sont bien réelles.
Je lis au retour, sur un forum d’oiseleurs – Au paradis des canaris –, la notice concernant Pyrrhula pyrrhula europoea. J’y apprends que les bouvreuils s’élèvent en volière, avec des chardonnerets et des verdiers par exemple, qu’ils demandent en captivité autant de soin que des nourrissons de notre espèce.

– Le bouvreuil présente comme caractéristique une allure trapue, accentuée par son bec court et massif qui lui a valu son nom de « petit bœuf ».
– Le bouvreuil est un oiseau relativement discret. Il aime fréquenter les bois assez denses, les buissons touffus à la végétation broussailleuse, les parcs, les jardins ainsi que les vergers. En montagne, il se retrouve dans les forêts de conifères où il monte très haut.
– Le bouvreuil pivoine est, lui, sédentaire, où il erre en petite bande à la recherche de nourriture.
– Dans la nature, le bouvreuil aime construire son nid dans un buisson épineux, un thuyas, un petit résineux, etc… à une hauteur relativement faible au dessus du sol (généralement à moins de 2 mètres du sol). Pendant la construction du nid, le mâle, qui a choisit l’emplacement, accompagne fidèlement sa femelle qui bâtit le nid avec des brindilles sèches de bois, d’herbes, de poils, de plumes, de lichens, etc… Pendant toute cette période, le couple se dissimule avec soin.
– Pendant la période nuptiale, le mâle chante de plus en plus. Il va prendre une brindille dans son bec et sautiller autour de la femelle en gonflant son plumage. La femelle va pousser des petits cris et entamer également des petits sauts, allant et revenant vers le mâle. Les rectrices de leur queue sont également écartées. Les deux oiseaux donnent ainsi l’impression de danser. De plus, la becquetée avec la femelle est un autre signe de pré accouplement.
– Deux couvées peuvent être réalisées chaque année, d’avril jusqu’en août. La femelle pond quatre à six œufs au fond bleu pâle tacheté de roux, de dimensions moyennes de 21,4 |14,8 mm pour le ponceau et de 19,3 |14,4 mm pour le pivoine, que la femelle couve seule 13 à 14 jours, tandis que le mâle la nourrit au nid. La femelle ne réchauffe plus ces jeunes vers le 11ème jour après la naissance. Les jeunes quittent le nid entre le 15ème et 17ème jour. L’élevage des petits est assuré par les deux parents. Néanmoins, il est conseillé de laisser la femelle élever seule ses jeunes, le mâle étant placé dans une cage concours, car il a la fâcheuse habitude de tuer les jeunes. Ce problème est dû notamment à une nourriture très riche en captivité, surtout avec les vers de farine qui l’incite à se reproduire.
– Le bouvreuil est un végétarien, se nourrissant principalement de graines, semences végétales, baies, bourgeons. Lorsque l’occasion se présente, quelques insectes complètent son menu, surtout en période de reproduction.

Une jeune femme, tout droit sortie d’une bande dessinée, passe une partie de la matinée dans la maison à repérer les traces d’amiante. J’en profite pour terminer notre déclaration d’impôts et réunir les éléments qui devraient figurer sur le carton d’invitation pour Terres d’écritures, que j’envoie à Romain.
Les plus hautes instances de la Direction générale de l’enseignement obligatoire (Direction organisation et planification) remercient, par courrier électronique, les enseignants pour leur compréhension et leur patience dans un contexte délicat ; depuis le 20 mars dernier en effet, la navigation Internet est extrêmement difficile, voire impossible sur certaines pages et à certains moments de la journée. Cela a pour conséquence un impact négatif considérable sur le travail des uns et des autres avec les outils informatiques. On s’en est effectivement rendu compte.
L’extraordinaire n’est pas tellement dans l’incident lui-même (qui révèle, une fois encore, la fragilité des réseaux actuels de communications à « très haut débit »), mais dans la coïncidence relevée dans l’historique : les premiers signes de lenteurs sur le réseau des réseaux ont été repérés lors de l’éclipse solaire, le 20 mars 2015 ; nous laisserons aux épistémologues le soin de tirer routes les conséquences de cette fabuleuse coïncidence.
Il y a des adultes qui mériteraient une fessée, interdite de nos jours ; leurs coquetteries, les méchants chemins qu’ils empruntent, les calculs qui les rongent pour ne rien perdre de ce à quoi ils ont droit, leur suffisance, leur arrogance, la bêtise, tout de leur vie les assèche, comme ces écorces qu’on répand dans les plates-bandes pour bâillonner les mauvaises herbes. Ils parasitent la société qui les nourrit, sans l’élégance du gui, accablent leurs voisins ; ils ne méritent pas même qu’on leur donne des noms d’oiseau. Un courrier reçu par la poste ce matin m’en donne à nouveau une nouvelle preuve. L’écrire m’aura fait du bien.

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C’est aujourd’hui l’anniversaire de Sandra. Françoise et Edouard nous ont invités à Vevey, tôt, puisque nous allons Arthur et moi à Savièse demain pour la première manche de la Swisscup trial. Lili reste au Riau, c’est l’anniversaire de Mylène. Edouard nous a à nouveau gâtés.

Jean Prod’hom

Les bêtises nées de l'impatience

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Les bêtises nées de l’impatience menacent de faire fuir ce qui nous est cher et qu’il nous aurait suffi d’attendre ; ainsi ce matin : en dépit de ma promesse de ne pas m’y rendre avant la fin de la semaine, je retourne au-dessus du triage m’assurer que les deux bouvreuils n’ont pas déserté les lieux en abandonnant leur nid. Je m’assieds dix minutes sur une souche, à bonne distance ; aucun rameau ne balance, pas un bruit.
M’approche pour en avoir le cœur net, lève une branche, s’envole l’oiseau rose. Restent deux œufs dans une pelote d’herbes sèches, dont je m’empresse de faire une photographie avant de déguerpir en me rongeant les ongles. Attends à trente pas le retour de mes protégés que j’ai chassés, ils tardent. J’aperçois finalement, à la cime du haut sapin qui surplombe leur domaine, une tache rouge immobile. Ni une ni deux, je m’en vais et m’en veux de ma précipitation, en priant les dieux que les oiseaux sachent distinguer les maladroits des voleurs. 

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Au Mont, la vie continue, plus d’insectes sociaux mais moins de couleurs, beaucoup de dedans et peu de dehors, à nous d’ouvrir les fenêtres, j’essaie de le faire tout au long de la matinée. 
On mange, Celsa et moi, les dernières dents-de-lion sur la terrasse du Central ; Naples se rapproche, on avance, une sieste serait la bienvenue. 
Je passe l’après-midi avec les petits du premier, entre médiathèque et salle de classe, à tout faire pour qu’ils se détournent un moment du groupe qui les aliène et trouvent un peu de repos dans un livre. Ils finissent par y parvenir, presque tous, sans hâte, quand bien même l’un d’eux se montre si récalcitrant qu’il me condamne à le tenir en laisse. Elle me suffit l’idée que les enseignants auraient à offrir à chacun des élèves qui leur sont confiés un lieu et un moment pour leur permettre, sans jamais les occuper, de rassembler leurs désirs mis en pièces par les vendeurs de loisirs.
Ramasse Arthur à l’arrêt de bus du Riau, le dépose à Ropraz pour l’entraînement, file à Thierrens où j’embarque les filles, comme tous les jeudis. Ce qui change aujourd’hui c’est qu’il me faut encore aller donner un coup de main au Mélèze, la course a lieu dans un peu plus de semaine. Il est près de 23 heures lorsque je rentre, Arthur me montre la coque vide de son natel ; je regarde admiratif la tas de pièces qu’il en a retirées, en couvant l’espoir qu’il soit capable de replace l’un dans l’autre.

Jean Prod’hom