
Chasseur et cueilleur autrefois, agriculteur et éleveur hier, pendulaire aujourd’hui.
Jean Prod’hom

Chasseur et cueilleur autrefois, agriculteur et éleveur hier, pendulaire aujourd’hui.
Jean Prod’hom

Voici un dimanche différent des autres, parce que Sandra quitte la maison avant qu’on ne se lève. Elle s’est engagée à suivre les cours de juge pour les courses de trial. Elle m’étonne chaque jour, capable d’alterner des activités si différentes avec le même entrain, la même bienveillance, le même sourire. On déjeune orphelins.
Arthur, qui a oublié ses affaires en classe, prépare la semaine prochaine avec l’à-peu-près qui sied aux pré-adolescents. On n’y peut rien sinon lui laisser assez de place pour qu’il puisse faire ses expériences sans qu’il lui en coûte trop demain. Je supervise les devoirs de Louise qui les commence avec le sourire. Mais la répétition fastidieuse de la tâche la fait douter sur leur bien-fondé, elle ralentit puis câle. Elle terminera avec toutes les peines du monde.
Le froid est revenu, tout est blanc à trois heures lorsque je raccompagne Suzanne et ses enfants à Ropraz. On les a accueillis pour un thé, surpris qu’ils ont été par la pluie et la neige. Ils laissent leur vélo au garage. Ils les reprendront la semaine prochaine.
Je prépare une ou deux choses à dire demain à propos de la Réforme aux élèves de la clase 6. Arthur, Louise et Lili regardent une vidéo avant qu’on ne se décide à descendre au P’tit Théâtre. Il est 16 heures 15, c’est jour blanc, on descend alors que le brouillard a étendu son empire et se tient sans bouger à une vingtaine de mètres au-dessus du sol. J’ai l’impression de regarder le monde de l’intérieur à travers l’ouverture d’une boîte à lettres. Petite pièce de Jean-Claude Grumberg pour grands enfants. Ne me fais pas embarquer, Arthur non plus. Pour Lili, il manquait quelque chose, mais elle ne sait pas quoi. Louise est enchantée.
Il fait encore jour lorsqu’on sort, on passe derrière le chevet de la cathédrale, les cloches sonnent, le pavé est mouillé. Rentre et ferme les poules.
Sandra est là, on mange les restes de la veille que je réchauffe. Les enfants après s’être succèdé dans la baignoire, même eau, vont se coucher, même nuit.
Jean

Mars a tiré un rideau blanc, le temps est chaud mais de petite humeur. Deux jonquilles sont en fleur dans la plate-bande, à côté des rosiers, trois d’entre eux semblent avoir gelé. C’est l’ancienne propriétaire qui les avait mis en terre ici. J’aperçois pourtant quelque chose comme une repousse sous le bois sec. A suivre.
Il fait assez chaud pour que je ne fasse pas de feu et que l’on déjeune à la véranda. Sandra et Arthur descendent à l’EPFL pour l’une des demi-finales du 24e Championnat international des jeux mathématiques et logiques. Je reste avec les filles dont je me serais volontiers débarrassé après une dizaine de minutes, une affaire de livres qui les conduit à s’invectiver, à hurler, menaces et rétorsions. Je n’en peux plus, sors de mes gonds, leur intime l’ordre d’aller dans leur chambre, portes fermées. Je vais prendre un bain.
Aurai réussi ensuite, après plusieurs manipulations à configurer sur l’Itouch qu’Arthur a vendu à Louise une nouvelle adresse mail. Quartiers libres jusqu’à trois heures, les filles vont jouer dehors, amènagent le toit du hangar. On descend ensuite sous le soleil au Musée de l’Elysée qui consacre son exposition à l’histoire du photomaton. Elles font le tour rapidement et vont jouer dans le parc. Lorsque je sors une heure après, Lucie est avec elles. On achète du pain et du chocolat dans une épicerie qu’on croque dans la foule d’Ouchy avant de remonter au Riau.
Lucie et les filles dessinent, je termine le repas que Sandra a préparé et qui rentre à 19 heures. Bel après-midi à l’EPFL.
Je vais chercher Arthur à la Ferme des Troncs à 22 heures. Françoise et Edouard passent en coup de vent reprendre Lucie.
Jean