Saint-Christophe

Mathod / 12 heures
L’essentiel n’est plus, en effet, d’enseigner aux enfants les éléments de l’histoire, de la géographie, des sciences ou des mathématiques, mais de satisfaire leur besoin de connaitre pour l’enrichissement de leur nature, pour une efficience accrue de leurs efforts dans leur lutte permanente pour l’exaltation victorieuse de leur puissance. Il y a là une question de méthode essentielle. La première a fait ses preuves : elle dégoute l’enfant de l’étude, elle étouffe son désir de connaître, annihile sa saine curiosité dont elle excite au contraire l’aspect morbide et pervers qui nous la fait tenir, avec quelque raison, en si grande suspicion. Si vous persistez à vouloir « enseigner » ces disciplines, vous en serez réduit à avoir recours à l’oppression, sous l’une au moins de ses formes multiples (punitions, récompenses, gains, jeux) comme lorsque vous voulez gaver un enfant sans appétit… Vous avez commencé par le lui ôter.
Il faudra, quoi qu’il en coûte à notre amour-propre de scientistes, nous pénétrer de l’importance secondaire de ces sciences. L’essentiel pour nos enfants, c’est la santé physique, intellectuelle et psychique, la permanence de leurs besoins puissants qui sont comme l’influx vital de leur être, de leur désir de s’enrichir et de monter.
Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant veut travailler comme il veut se nourrir

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