Une peinture à l'huile de Zao Wou-Ki

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Tandis que les enfants descendent une dernière fois à la piscine, je lis la notice consacrée à Zao Wou-Ki sur le site de la fondation Pierre Gianadda. M’étonne de son indigence. A y regarder de près, et un peu honnêtement, j’entrevois la difficulté de dire quoi que ce soit d’un peu décisif sur n’importe quoi. Ou de l’entendre.

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Je descends à pied jusqu’aux Granges-sur-Salvan, anciens mayens que traverse une étroite ruelle à l’extrémité de laquelle se dresse La Ruche. Une maison de trois étages, un peu à l’écart, construite dans la première moitié du XXème siècle. C’est là que nous allons, avec des amis, passer les relâches prochains. L’accès n’est pas simple et la route si étroite que deux véhicules ne peuvent se croiser qu’en de rares endroits. La maison se niche dans une dépression au pied des gorges du Dailley où coule la Salanfe, celle qui prend sa source au pied des Dents du Midi et qui finit Pissevache à Vernayaz. L’absence de neige nous aurait permis d’atteindre aujourd’hui le col de Matze au-dessus de Van-d’en-Bas, mais les enfants ne voient pas la chose ainsi  ; comme ils ne sortent pas de la voiture, c’est moi qui y monte. On franchit la vallée du Trient, qui coule à plus de cent huitante mètres sous le nouveau Pont du Gueuroz, puis la Dranse sur le vieux pont en bois couvert de la Bâtiaz.
J’aurais volontiers emporté de chez Gianadda une peinture à l’huile, sans titre, d’un mètre quarante-six sur un mètre quatorze, une peinture à l’huile qui, contrairement à beaucoup d’autres, a fini de sécher  ; elle a en outre le mérite de faire voir à mesure qu’on s’en éloigne, toujours plus précisément, ce qu’on avait sous les yeux.

Jean Prod’hom


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