Les disparus peuplaient le monde vide

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Les disparus peuplaient le monde vide,
les vieux ceps disparaissaient sous la mauvaise herbe,
les champs rétrécissaient comme des peaux de chagrin.

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Jean Prod’hom

«Ici s’élevait le château des Barons de Montauban, premiers Seigneurs connus de Montbrison. En 1284, Dame Randonne cède par testament ses terres à son fils Roncelin de Lunel, dont les droits sur le château de Montbrison. Plus tard, le Prince d’Orange y paraîtra en maître sous la suzeraineté des Dauphins du Viennois. Les princes d’Orange tenaient leurs droits à Montbrison depuis le mariage de Raymond IV des Baux avec Anne de Viennois, fille du Dauphin Jean. Ils en seront Seigneurs jusqu’à la révolution.
La première construction apparaît vers la fin du XIème, début XIIème siècle. La ceinture et les autres bastions datent du XIIIème siècle ou du XIVème siècle. Une muraille s’élevait au Sud-Est du plateau et servait de défense au château-fort. A l’est une muraille s’élève, percée d’une porte monumentale. Environ 300 personnes vivaient au Vialle, où une chapelle était encore en service jusqu’au XVIIème siècle. Vers 1359 Guillaume des Baux, frère du Prince d’Orange fut emprisonné dans le donjon suite à un conflit entre le Dauphin et le Prince.
Une légende orale venue du fond des temps raconte que le château, du haut de son pic rocheux était imprenable. Les Seigneurs environnants se livraient alors de nombreuses batailles pour agrandir leurs domaines, et seul Montbrison résistait. Un chevalier plus astucieux que les autres eut l’idée d’attacher des bougies allumées aux cornes de centaines de chèvres lâchées une nuit dans la Lance. Très intriguée par ces flammes dansantes, la garnison au grand complet se rassembla au sommet du donjon abandonnant toute surveillance. Les remparts ainsi désertés par les curieux furent bientôt franchis par les rusés assaillants, et la porte ouverte aux troupes assiégeantes cachées non loin dans les fourrés.»
(D’après A. Le Roux J.C Mège, Petit guide de Montbrison-sur-Lez, 1996)

La campagne publicitaire lancée par Luchino Visconti

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La campagne publicitaire lancée par Luchino Visconti en 1971 déploie tous ses effets aujourd’hui, de Venise à Marseille, de Brest à Barcelone, de Paris à Grignan. Mais si le vieux compositeur Gustav von Aschenbach n’a pas pris une ride, le jeune Tadzio a bien vieilli.

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L’oto-rhino l’avait convaincu qu’il était inutile d’entreprendre quoi que ce soit, le bacille de Koch contre lequel certains de ses ancêtres n’avaient pu rivaliser autrefois était à l’origine de sa rhinite chronique et de l’encombrement de ses bronches. La nouvelle le combla, car si elle lui signifiait clairement le mal qui aurait raison bientôt de lui, elle le rapprochait d’un coup de Thomas Mann, d’Hans Castorp et de tous ces grabataires de la première moitié du siècle passé qui ont oeuvré sur les balcons de Davos pour la postérité.

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Jean Prod’hom

Après avoir attelé les mots aux choses

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Après avoir attelé les mots aux choses – et y être parvenu dans une certaine mesure –, l’homme s’étonne du silence des secondes qui lui témoignent, lorsqu’elles daignent le faire, méfiance plutôt que sympathie. Il décide alors de se charger lui-même de l’ensemble des questions qui demeurent sans réponse en faisant bande à part : il légifère, conçoit, calcule, aménage, transforme, construit.

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Certains d’entre les hommes, sages peut-être – en ce sens qu’ils se sont mal départis d’un doute sur la nature de l’attelage –, déposent parfois les livres qui les ont conduits là, écartent les rideaux, ouvrent la fenêtre, repoussent les volets qu’ils ont clos autrefois pour que leur esprit ne s’égare pas au-delà de la chandelle qui vacille sur leurs travaux.
Ils découvrent alors que les alentours qui semblaient se taire parlent d’autres langues sans repousser la leur, et qu’il existe d’autres attelages. Ils tendent l’oreille, les yeux, la main, et tout ce qu’ils ont appris se mêle soudain à ce qui déborde autour d’eux, dans un instant à pente nulle.
Sages pourtant, ils ne perdent pas de vue qu’il ne s’agit là que d’une brève accalmie avant qu’ils ouvrent de nouveaux chantiers, avec le concours d’inévitables ruses, d’habiles leviers et de tout ce qui est susceptible d’offrir un sursis à une aventure qui boîte et qui nous invite à parler au moins deux langues dans notre propre langue.

Jean Prod’hom