Deux cent deux migrants

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Deux cent deux migrants, embarqués hier à Lesbos et à Chios, ont débarqué à un peu plus de 9 heures à Dikili ; pour la plupart originaires du Pakistan et du Bangladesh, ils ont été emmenés dans un centre de rétention provisoire turc près de la frontière bulgare. Dans le même temps, trente-deux Syriens sont descendus à Hanovre d’un appareil de la compagnie Turkish Airlines, ils ont été conduits dans un centre de prise en charge des réfugiés à Friedland. Tous les mots comptent.

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La fiduciaire vaudoise, qui avait ouvert une société offshore pour un ancien magnat de la Pub officiant pour France Télévisions, préfère aujourd’hui se taire. J’apprends dans le même article qu’il suffit, pour créer une société offshore, de quelques centaines de francs et de deux clics.
Un seul me suffira demain pour télécharger VaudTax, c’est décidément le dernier moment pour remplir ma déclaration d’impôt… A moins que j’aille faire un tour avec Oscar du côté des Censières ; il y a un couple de sittelles torchepots qui maçonnent leur nid, en recyclant des copeaux abandonnés sur le banc qui est devant le refuge. Ne rien oublier.

Jean Prod’hom

N’existent en réalité que deux voies

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N’existent en réalité que deux voies :
la première ne mène nulle part,
la seconde conduit à une impasse.

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Nous pouvons en effet, chaque matin, reprendre les choses là où nous les avons laissées la veille, avec l’assurance – somme tout raisonnable – que notre chemin filera de travers, une fois encore, que nous irons hésitants, qu’il nous faudra une fois encore faufiler le vrai avec le faux et le faux avec le vrai, sans jamais bien distinguer l’un de l’autre. Avec la modeste ambition de faire, un jour peut-être, le tour de la vérité sans jamais y toucher.
Nous pouvons aussi, comme on dit, vouloir tout reprendre à zéro.
Je penche naturellement pour la première voie ; car si la seconde est concevable, elle se fonde sur un leurre et n’est que le signe d’une présomption coupable : le « je » nous précède en effet de beaucoup et c’est sur un palimpseste que nos yeux s’ouvrent au jour de notre naissance.
La première nous promet en outre de croiser ce qui nous obligera à infléchir la courbe du chemin que nous avons emprunté, à bifurquer, à nous ouvrir à l’imprévu, ou même à revenir sur nos pas.
Il n’y a, en définitive, rien de plus sérieux que l’adage des stoïciens : Ex falso sequitur quodlibet. A quoi il faudrait tout naturellement ajouter, pour être complet, que perseverare non diabolicum est.
Nous en avons parlé aujourd’hui, Frédéric. et moi, il serait en effet insensé de vouloir tout reprendre à zéro. Lorsqu’on s’est quitté à Nyon, je me suis souvenu de ce que je venais de lire au midi du cadran solaire du clocher de l’église de Gingins : Il est plus tard que tu ne le crois.

Jean Prod’hom

Les enfants perdent à l'adolescence

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Les enfants perdent à l’adolescence un peu de leur air triste, leur visage lisse se fige et les soucis mondains meublent leur silence. Embarras. Désarroi. Comment avons-nous été amenés à réduire l’étendue de nos rêves ? Qui nous les a dérobés ? Où les avons-nous déposés ?
Fleurs, fruits, averses, eau vive, les alentours les ont recueillis. Les plus chanceux se penchent sur leur existence ; les autres résistent dans un cri.

Jean Prod’hom

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