Testaccio

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Aussi longtemps qu’on t’arrête sur la voie publique pour te refiler, contre 5 euros, un selfie-stick, une paire de lunettes ou, s’il se met à pleuvoir, un parapluie, c’est que tu n’es pas chez toi. File ! Va plus loin !
Il y a, au sud de l’Aventin, un quartier ouvrier, de vieilles friches industrielles et un cimetière pour ceux qui n’ont pas droit de cité ; tu y parviendras en longeant le Tibre, laisse-toi couler comme les goélands qui descendent à Ostie. Arrête-toi au Ponte Sublicio, tu es à Testaccio. Antonio Gramsci y est enterré, tout près d’un jeune poète anglais. Il a voulu, le malicieux, que soient gravés dans la pierre les mots suivants : Here lies One Whose Name was writer in Water.

Jean Prod’hom

2.

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Le Vatican

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Salle des cartes, province par province, celle de Sicile : Catane, Milazzo et les îles éoliennes, le Vulcano crache des flammes.
Pinacothèque, siècle par siècle : dans la main du Christ une poire, ou rien, ou un pic-vert ; trois oeillets dans un vase en piteux état, peu de lumière.
Du bleu enfin, le bleu du Jugement de la Chapelle Sixtine, du bleu de haut en bas, la mer, et puis celui de l’habit de Marie et, par le grain, trois natures mortes de Morandi.
Pour finir, bâclés, deux chardonnerets surpris par l’averse, peints sur les battants de deux armoires qui se succèdent dans un interminable couloir. De l’air, de l’air. Dehors, le visage de Pasolini sur l’une des piles du Ponte Sant’Angelo et un pêcheur sur la rive droite du Tibre, il y passera la journée.
Rome n’est pas dans Rome, partout des coulées de lave et une voix qui demande le silence sans jamais l’obtenir.

Jean Prod’hom

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Giorgio Morandi, Nature morte italienne,1957

Forum

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Théâtre Marcello, Capitole, Colisée, Ghetto, partout des mains qui se tendent, des visages qui se tordent et des cloches qui sonnent.

Jean Prod’hom

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