Une mésange picore

Capture d’écran 2016-02-26 à 17.11.15

(Poèmes de Monsieur)

IMG_6830

Une mésange picore dans la mangeoire du tilleul, l’air est froid et les chicanes ne l’ont pas nourrie. Les cris des enfants, là-bas, font penser aux chants des oiseaux de la volière. Partout le lointain, le détaché, le séparé qui fédère ceux qui n’ont plus rien. Avec une gorgée d’eau froide et l’image de grands draps blancs pincés à l’étendage.

Je suis un animal désaltéré, fatigué, désarmé. Le vent d’ouest ramène des parfums âcres, c’est un feu de brindilles et de bois mort mis en tas à l’arrière de la maison. Je t’imagine assise sur une chaise ; il n’est plus temps, disais-tu, de savoir si on a été à la hauteur, nos peurs se sont évanouies.

A la fois plus et moins, bientôt rien, mais sans partage.

Jean Prod’hom

Le réel est bel et bien sur ses appuis

Capture d’écran 2016-02-19 à 09.55.42

(Poèmes de Monsieur)

IMG_6893

Le réel est bel et bien sur ses appuis, mais brise fait danser ce matin rideaux et branches du tilleul : il y a du jeu. Ni fable ni sous-titres, mais une bande passante faite d’un seul tenant.

L’air circule entre les murs porteurs, l’irréparable et les regrets reposent au fond du sablier. Je me tiens immobile, ne rien toucher, tout pourrait capoter. C’est seulement lorsque tout a été dit que le silence du dedans se mêle à celui du dehors.

Ne t’inquiète pas des largesses du tilleul qui bourgeonne.

Jean Prod’hom

Un croissant de lune

Capture d’écran 2016-02-19 à 09.55.49

(Poèmes de Monsieur)

IMG_6891

Un croissant de lune décolle des Vanils la fine paupière du ciel accrochée à l’autre bout de la nuit, le jour s’y engouffre ; personne ne songe à refermer la porte, j’entends les pas d’une infirmière, le soleil se lève.

Ce ne sont qu’images – ellipses, trompe-l’oeil, voyelles et consonnes – qui s’effaceront avec la nuit.

A moins que le soir ne tarde à venir.

Jean Prod’hom