Rue des Glaciers (Lausanne)

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Place du village. Bertrand sort de la laiterie, j’y entre. Il monte tout à l’heure aux Rasses avec sa famille, je monte après-demain aux Marécottes avec la mienne. Salutations chez toi, salutations chez moi. Salut, salut. Les cloches sonnent. Check ! On rit.

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Matinée à Riant-Mont, à la Colline d’abord : je commence par un examen attentif des murets, de la pelouse, de la piste cendrée, des treillis ; de la pente qui conduit de la cour de l’école au terrain de foot, je note la disparition des cages de but. Sur le fond rien n’a changé depuis les années 1960. Je guigne sur le parc de la belle propriété à l’ouest, le ballon y est allé mourir une ou deux fois : un arrosoir, des feuilles mortes, quelques années et l’abandon chevillé à la mauvaise saison.
Rue des Glaciers ensuite, Petit Valentin et Riant-Mont. On devine à la verticale l’avenue de la Borde, vertigineux, le réseau des chemins qui conduisent à l’ancien lit de la Louve demeure incompréhensible pour ceux qui, comme moi, sont nés au bas du quartier.
Le Petit Parc porte aujourd’hui le nom pompeux de Square de Riant-Mont ; la caisse à sable et la balançoire ont disparu, des jeux en kit les ont remplacées. Les trois tilleuls, le vinaigrier, la fontaine sont d’époque.
Midi à Vevey avec Françoise et Édouard. Après-midi à Cully avec Stéphane. Soirée en famille avec Joëlle et Yves.
On écrit, peut-être, parce qu’on a renoncé a vouloir tout dire.

Jean Prod’hom

Moille-aux-Blanc (Corcelles-le-Jorat)

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Hier, alors que le jour se levait dans le préau encore désert de l’école, merles, mésanges et moineaux se sont donné le mot pour lancer la saison.

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Mais la neige a fait ce matin encore une sortie, discrète, légère et aérienne ; les flocons se sont montrés si légers dans l’air sec qu’ils semblaient s’attarder, attendre que les rejoignent les flocons qui les suivaient, revenaient même sur leurs pas ; ils ont improvisé un ballet, duvet d’oie et fleurs d’aubépine, qui s’est prolongé toute la matinée, riant de la gravité qui attache l’homme à la terre en inversant la pente sur laquelle roulent leurs jours.
Lorsque je suis remonté de la patte d’oie, les moineaux et les mésanges chantaient, comme hier matin, dans les branches nues des cerisiers et des pommiers, comme si cette giboulée les réjouissait, bien décidés à ne pas revenir sur leur décision d’annoncer sans plus tarder leurs noces prochaines.
A 13 heures, le soleil a repris son travail autour des fruitiers du verger, repoussant un peu plus la neige loin de leur pied, définissant le cercle d’ombre de leur frondaison au zénith de l’été.

Jean Prod’hom

Le Popu (Vers-chez-les Blanc)

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A Riant-Mont d’où, gamins, nous ne sortions guère, lorsque les talus exhaussés par la Louve sur sa rive droite avaient usé nos petites volontés et que nous souhaitions retrouver un aplomb que nos courses à flanc de coteau avaient mis à mal, nous montions la rue du Valentin jusqu’au terrain de football de la Colline.

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Il s’étendait devant une jolie école, où nous avions fait chacun, quelques années auparavant, nos premiers pas loin de notre mère, petite marmite gagnée sur la pente, herbe rase limitée au sud par les locatifs bordant l’avenue Vinet.
C’était notre Santiago Bernabéu à nous, où l’on se retrouvait les beaux jours, après les quatre heures ou le mercredi après-midi, ceux d’en-haut et ceux d’en-bas, Fincat, Lomette, les frères Jaquier, Papilloud et les autres, pour des parties qui nous menaient si loin qu’il n’était pas rare que nous devions dégringoler à la hâte le Valentin, avec la nuit qui nous talonnait sans pouvoir s’arrêter.
On y était à la fois dans une arche et dans un ventre, les hauts treillis nous autorisaient à toutes les maladresses ; ils nous dispensaient de prendre les précautions habituelles, pour que nos ballons ne nous échappent pas une fois encore, comme partout ailleurs, et ne soient pas, roulant, roulant roulant, à l’origine d’une catastrophe à laquelle ne pouvaient s’empêcher d’incliner nos esprits inquiets.

Jean Prod’hom