
Lettre à Anna: Merci à Manuella Maury, à Jean-Marie Félix et à Roland Vouilloz, à Philippe Jaccottet et à Alain Souchon, à Jérôme Berney et à la gendarmerie vaudoise.

Lettre à Anna: Merci à Manuella Maury, à Jean-Marie Félix et à Roland Vouilloz, à Philippe Jaccottet et à Alain Souchon, à Jérôme Berney et à la gendarmerie vaudoise.

Les pâturages que Rambert avait sous les yeux, et auxquels j’avais rêvé, avaient disparu; et le lac qui les avait remplacés, Rambert y avait rêvé. Comme si l’un et l’autre souhaitions voir autre chose que ce que nous avions sous les yeux, ou plutôt la chose et ce qu’elle n’était plus, son apparition et sa disparition. Comme si l’image fixe était toujours un mouvement, une provenance et une destination.
Emile Javelle évoquera quelques années plus tard, venant du col des Paresseux, le bassin pierreux d’un lac à moitié desséché, une vaste et splendide arène, unie comme l’onde d’un lac dans les plus beaux jours, couverte de la plus tendre verdure et des plantes alpines les plus délicates, arrosée des plus séduisants ruisseaux.



On sonne ce matin au Riau, Papa! c’est la gendarmerie.
– Monsieur Prod’hom? Quelqu’un a aperçu votre voiture parquée sur la route de l’’Ancien Stand, en lisière de forêt, après les Biolles. Il l’a revue ce matin, même place. Alors il nous a téléphoné, il a reconnu votre véhicule et s’est inquiété, peut-être aviez-vous fait un malaise dans les bois. On est venu vérifier.
– Réconfortez-le, tout va bien. Je suis descendu hier à la déchèterie, en fin de matinée, j’ai laissé ma voiture en bordure de route et suis rentré à pied. Comme il s’est mis à pleuvoir, j’ai décidé que je redescendrais aujourd’hui la chercher. Réconfortez-le, tout va bien.









Cher Pierre,
Merci pour ton mot. il est au diapason de ce que je vis ici. Quant à la poule et à son couteau, pareil, je n’ai jamais fait mieux. Mais j’ai une tête de mule, te renvoie le lien. Il te suffira de cliquer là-dessous, là où c’est rouge.
DéCAMERA, c’est des écrivaines et des écrivains qui racontent chaque jour une histoire de leur crû, une histoire de leur choix, depuis leur chambre, pour tenir le coup tant que la pandémie durera. Un podcast low-fi de récits reliés, en souvenir du Décaméron. Un séjour à Hauterive constitue le 34e récit de cette belle aventure.
Mais. c’est aussi un supplément à NOVEMBRE; il aurait pu prendre place au milieu du chapitre VIII. C’est le récit d’un confinement, dont le narrateur prend connaissance, sur son iPhone, en remontant le canal de Hagneck.
J’ai pensé à toi il y a quelques jours: le retour des hirondelles et, il y a quelques semaines, les jonquilles. On se sera vu sans se voir, comme la vie est curieuse. Je connais ta voix, voici la mienne.
Amitié encore, en ces temps à la fois bousculés et suspendus.
Jean
PS
Ici, c’est aussi la reverdie.
