Champagne à Oerlikon-Zurich

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René Meyer et Jean-Daniel Savary pouvaient pavoiser ce dimanche à Oerlikon-Zurich ; la saison s’est en effet brillamment terminée pour les trialistes du TCPM, dont ils ont la charge et qu’ils entraînent sans fléchir. Leur travail a porté ses fruits. 

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Dream team

Disons quand même que les pilotes y ont été pour beaucoup. Mais il serait trop long de passer en revue tous les bons résultats de cette nouvelle édition de la Swiss Cup ; on se contentera de mentionner ceux de ce dimanche 4 octobre ensoleillé et ceux qui couronnent, au terme de l’exercice 2015, les meilleurs pilotes de chacune des catégories.
Dans celle des Elites, Tom Blaser (Berne) termine au 6ème rang, Romain Bellanger (Les Thioleyres) au 10ème ; scoumoune en revanche pour Steve Jordan (Les Cullayes) qui abandonne sur ennuis mécaniques ; ils se retrouvent respectivement 5ème, 10ème et 11ème au classement final. 
Loïc Rogivue (Oron) touche le jackpot chez les Juniors : 2ème dans la course d’Oerlikon, il finit également 2ème pilote suisse de l’année. Kilian Steiner, son voisin des Tavernes, qui revient à la compétition après une blessure, obtient une belle 5ème place chez les Minimes. 
La relève du club de Moudon est assurée, les tout jeunes coureurs ont en effet cartonné tout au long de la saison. Chez les Benjamins, Kouzma Rehacek (Baulmes) et Michael Repond (Villardvolard) font main basse sur la course, le premier finit sur la plus haute marche du podium, le second l’applaudit sur la seconde, à un point seulement. Kouzma est en outre vice-champion suisse dans sa catégorie, Michaël au 5ème rang. Matthieu Habegger (Thierrens) obtient une encourageante 7ème place (6ème au classement final). Idem pour Camille sa soeur (5ème) et Romain son frère, ils continuent leur apprentissage chez Les Poussins. 

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Théo Benosmane de Belmont, champion suisse 2015  dans la catégorie des Poussins

Des Poussins ? Et bien parlons-en des Poussins. Théo Benosmane (Belmont) et Jules Morard (Palézieux) ont dominé leurs concurrents à Zurich et se retrouvent perchés tout en haut du podium. Jules, 2ème, termine également 3ème sur l’ensemble de la saison. Quant à Théo, c’est un carton plein qu’il ramène : champion d’un jour à Oerlikon, il est devenu le nouveau champion de la saison chez les Poussins. Les trialistes vont pouvoir se reposer, Théo reprendre le chemin de la Rock School de Belmont avec sa guitare électrique sur l’épaule. Mais ça c’est une autre musique.

Jean Prod’hom

Seul l’incompréhensible tient ses promesses

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Cher Pierre,
Ils sortent tous de leur tanière les semaines qui précèdent la rentrée, vont et viennent, vendent leur marchandise. Puis vient l’automne, ils rentrent dans leur repaire jusqu’au printemps suivant. Je ne voyais pas les choses ainsi, j’imaginais des rentrées et des sorties à chaque saison, des entre-saisons, des arrière-saisons, des miracles à chaque lunaison, des portes ouvertes, entrez ! des portes fermées, ne me dérangez pas ! des brouillons et des mises au net, des ateliers et des chantiers, la littérature s’en nourrit, elle en est une partie, la seule à pouvoir le dire. Ne pas jeter la pierre, la saison est courte.

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Me revient à l’esprit l’aphorisme de Nietzsche (335) du Voyageur et son ombre : Morale pour ceux qui bâtissent . – Il faut enlever les échafaudages lorsque la maison est construite. Les sites et les blogs attestent à leur manière qu’écrire et lire n’épousent pas le calendrier liturgique collectif. Non pas qu’il faille rompre avec le travail dans l’ombre, mais reconnaître que le jour et la nuit connaissent d’autres alternances.
C’est ce que je me suis dit ce matin en redescendant avec Oscar de la Moille-aux-Blanc. Je m’attaque au compte rendu de la course de trial qui a eu lieu dimanche à Oerlikon, le dernier de ma carrière de journaliste sportif – elle aura duré deux saisons. Philippe m’envoie quelques photos.
Je laisse tout en plan à midi et file à Mézières offrir à Elsa son cadeau d’anniversaire. Je continue jusqu’au Mont, patiente immobile une petite heure dans la salle des maîtres, ça me fait du bien, sans rien faire, sans rien dire, avant de faire travailler les élèves de la 9P : ils écrivent à tire-larigot, chantent, photographient, nourrissent aussi généreusement que possible le site internet qu’ils partagent avec leurs camarades de la 9G et de la 10P. Il pleut sur le cimetière, la pluie ravive l’ocre, le cuivre et la rouille qui remontent, à la cime, les veines des feuilles des feuillus.
Je termine au café de l’Union les chroniques de Daniel de Roulet, Tous les lointains sont bleus. Je me régale de tout ce qui rend les voyages incomplets, inachevés, fragmentaires, imprévisibles, ratés et mystérieux. Et si l’écriture a la vertu d’assurer une ou deux choses contre l’oubli, elle offre également le meilleur à ce qu’on ne comprend pas, à ce qui nous échappe, auquel elle donne une forme et un avenir. Seul l’incompréhensible tient ses promesses.

Jean Prod’hom

J’ai épousé une princesse

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Cher Pierre,
J’ai failli perdre un ami virtuel, entre hier et aujourd’hui. M’enquérant de ce revirement, l’ami a éclairé ma lanterne, il s’agissait d’un malentendu, mon admiration avait été interprétée à l’envers, sens dessus dessous. Nous avons échangé quelques mots, la bulle a éclaté, laissant place à une heureuse réconciliation. Nous nous sommes promis de nous voir, et l’ami virtuel que j’ai failli perdre a trouvé son corps, et l’amitié un autre tour, une vie nouvelle, possible, aérienne, comme la chrysalide le papillon. Je me réjouis de le rencontrer en vrai, un peu peur aussi. Dans quelques jours.

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Le gros de ma journée aura été occupé par ce remuement de l’âme, qui est capable de noircir mieux que le noir tout ce qui l’entoure. Et comme la lumière a une puissance de recouvrement équivalente, c’est toute ma soirée, lorsque la clarté sera faite, qui sera illuminée, et l’avenir s’il y en a un, et les coïncidences qui vont avec.
Je prépare deux gâteaux au fromage et une salade, Lili est dans sa chambre, Arthur au parkour. Quant à Louise, elle rentre tout excitée de sa leçon de guitare ; elle me raconte essoufflée que son maître, au détour de leurs conversations, lui a confié qu’il avait l’attention de proposer un jour quelque chose à la crêperie de Rue, un concert par exemple. La gamine lui raconte alors que nous nous sommes également rendus, samedi passé, dans ce haut-lieu de la Bretagne en Suisse, Entre terre et mer, et que j’ai dit la même chose au détour des nôtres. J’envoie un message à J, qui me répond, emballé. On va se voir.
Sandra écoute tout cela avec le sourire, de loin ; elle nous a préparé une surprise : nous irons à Venise pendant la deuxième semaine des vacances d’automne. J’ai épousé une princesse.

Jean Prod’hom