Ta venue était la mienne

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Ta venue était la mienne.

On a gardé les pieds sur terre, construit notre vie comme une voie de chemin de fer, en déposant devant nous ce qu’on avait sur le dos. On a bâti des maisons, tracé des balades, fait des enfants. A l’estime, en bricolant des amarres passagères, avec le soin des démineurs et l’insolence des demi-dieux, l’oeil sur le doux et l’amer.
En honorant plus tard ce à quoi on tournait le dos, la jeunesse, les rêves, les plans foireux, les promesses en l’air, les contrées lointaines.

Le réel est hors d’atteinte. Inutile d’attendre.

Jean Prod’hom

Journée qui n’en finit pas

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Assez pris les devants, cherché des raccourcis, fait des miracles. Assez marché sur l’eau. La bouée est au garage, aucun billet sur le coeur, nulle parabole en mémoire cache.

Journée qui n’en finit pas.

J’avance sur les fers et le bitume, dessous la terre ne respire plus.

Jean Prod’hom

Tu entends : il n'y a qu'un oiseau.

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La vieille fait un mot fléché. Elle n’écoute pas, alors il ne dit rien, regarde la ligne d’horizon par dessus le verger, tend l’oreille sans cligner les yeux.

Ils n’ont pas d’enfants mais des amis viennent parfois leur rendre visite. Aujourd’hui ils sont seuls, deux infirmières fument une cigarette à l’angle de la terrasse de l’établissement. Le kiosque est fermé, le repas sera servi dans le réfectoire.

Tu entends : il n’y a qu’un oiseau.

Jean Prod’hom