Il y avait de l’encre

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Accepter l’invitation et entrer. Sans se retrouver captif du tableau des regrets sur lequel s’ouvrent si souvent les fenêtres du dedans. Sortir donc, en boutant le feu aux brindilles laissées dans un coin du jardin.
Y poser d’emblée le repentir sur sa pointe, l’élaguer jusqu’au détachement. Ne rien ajouter, ni ponts ni chaussées, le silence n’est pas une ellipse, il maintient debout les êtres qu’il unit et sépare.

Rien ne peut être dit autrement que dans l’obscurité d’un puits de lumière, il n’y pas de coïncidences, pas d’autres issues, écrire noir sur blanc en frappant deux silex.

Il y avait de l’encre.

Jean Prod’hom

Dès l'aube

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Soulevé dans le creux d’une vague, mené à ceux qui le veulent bien et qui passent sans avertir. Tout le monde sait tout mais comment le dire, comment prendre acte du regard millénaire de chacun et garder la piété primitive. Reprendre le dialogue interrompu avec l’invisible.

Dès l’aube.

La nuit qui tombe n’est pas une défaite. Ne pas se débarrasser de ce qu’on ne sait pas, ne pas perdre la trace de ce qui n’est plus. Nos vies sont constituées du vivant des morts et du verbe. Déchiffrer ce monde premier et danser sans compassion autour de ce qu’on remettait à plus tard, se retrouver sur un front toujours plus large. Ecrire et lire sont des cérémonies qui nous mettent du bon côté, on n’y rencontre ni avance ni retard.

Jean Prod’hom

De quoi faire un nid

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C’est jour de rentrée, quelques enfants remontent pieds nus la Valleyre. Dans la cour, les hommes du sérail se dissimulent derrière une pile de cahiers des charges en jouant solidaires à un deux trois soleil. On va au mur, chacun pour soi. Ils sourient, n’ont rien fait, nous moins encore.

Ouvrir la porte, laisser entrer dans la maison les mots et les silences qui poussent derrière chacune de tes lettres. Ceux du dehors, immense et solaire dont tu es resté l’hôte prévenant, ceux qui doublent la peau de nos vies refroidies, ceux qui chantent. Le lyrisme des désespérés.

De quoi faire un nid.

Jean Prod’hom