Nous dormons près d'un rêve que l’arbre a refusé

rocher-de-naye-grotte

Suis-je seul à m’agiter ainsi, à passer à travers le jour, fait et défait par une inquiétude qui suit le calendrier des marées. L’écriture et la marche seules pour quitter le four et calmer le jeu.

Tu peines à te réveiller, goges dans un mélange indécis, à mi-distance de l’indifférence des plantes et l’inquiétude des bêtes.

Nous dormons près d’un rêve que l’arbre a refusé.

Jean Prod’hom

Veiller à ce qu’il ne manque rien

riau-vuacoz

Distinguer les voix du dedans des voix du dehors, sans s’interdire de prolonger celles du dedans dehors et celles du dehors dedans. En veillant cependant à laisser ici et là les traces de notre passage, comme Poucet, pour dire que nous ne sommes pas seuls dans cette autre langue, que d’autres ont passé avant nous et ne se sont pas perdus, mais aussi pour à la fin rebrousser chemin et maintenir ainsi, aussi intacte que possible, l’étendue où l’énigme aime à se retirer.

Veiller à ce qu’il ne manque rien.

Ni la fatigue de l’homme ni la candeur du monde.

Jean Prod’hom