La bataille de Monte Cassino

C’est à l’aube que le coeur s’élargit sans mot dire, il s’élargit chaque jour davantage. A toi désormais de faire quelque chose, jusqu’au bout, sans forcer ta peine. Si tu entends cet appel, va au Monte Cassino. L’homme a construit là-bas sa maison sur le rocher, les fleuves ont débordé, le vent a soufflé, la maison est tombée.

Pseudo-saint Benoît



Les Grandes Batailles – la Bataille d’Italie

Le Monte Cassino domine les alentours, on le voit de partout, le jour, dans ses rêves, la nuit il obsède. Dans toutes les guerres il y a des montagnes. Mais aucune d’elles n’a été aussi méchante que le Monte Cassino.
Les généraux ont fait évacuer sur Rome les trésors les plus précieux de l’abbaye. Le Vatican a prévenu les deux camps. Le monastère est nu, n’y vivent que quelques moines et des réfugiés. L’ordre de bombarder l’abbaye est pourtant donné. On avertit ses locataires la veille en glissant des flyers dans des obus spéciaux, ils essaient de sortir, le soir même, avec un drapeau blanc. Les artilleurs ne les ratent pas.
Le 15 février 1944, à l’aube, des avions venus de Sicile et de Naples fondent sur le bâtiment qui ne représente aucun intérêt militaire, il est mis en miettes en moins de 3 heures.


Les Grandes Batailles – la Bataille d’Italie

Jean Prod’hom

Dire et redire

Dire et redire
dire dire et redire encore
redire autant de fois qu’il le faut
dire encore et encore redire
encore et encore
jusqu’à la fin
sans avoir le choix
n’ignorant pas que ce qu’on veut dire
– ce qui est à dire –
le manquant
en dépend.

Jean Prod’hom

Ciel rose et lisse sur la chaîne des Vanils

Ciel rose et lisse sur la chaîne des Vanils, pour la première fois cette saison des vaches viennent paître dans le pré sous le Chauderonnet. Je conduis Louise au bus avec un pique-nique, elle se rend à Lausanne avec sa classe s’initier à l’art des fossiles. Accompagne Lili un peu plus tôt chez Mylène pour passer à la poste avant huit heures et récupérer ainsi deux ouvrages sur Naples, l’un est de la main de Dominique Fernandez, l’autre de Schifano encore.
Rends les travaux aux élèves de la classe 9, des travaux faibles en général, un tiers semble avoir pris les choses en main, un deuxième tiers y songe, le troisième n’a véritablement aucune idée de ce qu’il fait là.
Je me rends compte qu’il manque un cahier au livre broché de Schifano. Envoie un mail à la maison d’édition qui me répond immédiatement qu’elle m’en fait parvenir un neuf dans 10 ou 20 jours.
La température s’est sérieusement élevée, il faut donc ouvrir les fenêtres, mais les bruits du chantier nous obligent à les fermer. Il en ira ainsi jusqu’à l’été.
Rencontre informelle avec des collègues autour du voyage à Naples, à midi, donne mon assentiment à chacune des propositions, vais pas m’emmêler, je crois, ou le moins possible. Quoi qu’on fasse, j’y retournerai au printemps prochain en famille.
Je demande aux élèves de la 6 d’extraire et de placer sur une carte de l’Europe quelques-unes des villes traversées par Thomas Platter entre 1515 et 1520, d’évaluer la distance parcourue par les bacchants et leurs béjaunes, parfois pieds nus : Berne, Zurich, Nuremberg, Munich, Passau, Ulm, Halle, Dresde. Lorsque je m’avise de l’état de leur travail, de la précision des localisations, de la qualité des traits, du coloriage, je décide de leur soumettre mon propre travail. Cette expérience porte ses fruits, une quinzaine d’élèves décident de recommencer.
L’herbe verdit, la dent-de-lion pousse, l’air tiédit. Nos enfants et ceux de Ropraz jouent dans le jardin, on croque une tranche de pizza avant de partir pour une initiation de grimpe dans une grange de Sottens. Je laisse ce joli monde à leurs exercices et m’en retourne par le Moulin de Sottens. Il y a plus de quinze ans que je n’étais par revenu dans le coin. Je longe la Menthue à sa source, puis l’un de ses affluents qui plonge dans le creux de Villars-Mendrars avant de la rejoindre au-dessus de Moudon. Le ruisselet serpente dans les prés, il est 20 heures. Il me reste une heure au moins pour rentrer jusqu’à Corcelles. Je m’arrête à Ropraz avec la nuit, je retrouve Sandra et les enfants, nous remontons tous les cinq au Riau.

Jean