Dehors comme dedans, mais demain

Il n’y avait jamais eu personne dans cette maison. Au début, celui qui l’habitait avait attendu que l’averse cesse et il y était demeuré à défaut d’être ailleurs. Il avait oublié les circonstances de son arrivée, comme tant d’autres, si bien qu’il n’en ressortit jamais. Sans y être demeuré une seule fois.

Des voix sortaient d’un poste de radio et reposaient dans la pièce, comme de l’eau croupie. Il n’y avait personne, comme en été lorsqu’on passe à côté d’une fenêtre ouverte devant laquelle un rideau faseye.

On se mettait dedans, à l’abri, pour être ailleurs, par n’importe quel temps, dehors comme dedans, n’importe quand, une fois, un jour.

Jean Prod’hom

Il y a les armistices



Il y a les armistices
les souliers qu’on remise
le retour des beaux jours
il y a la ronde des tondeuses
les hirondelles
les fleurs autour desquelles les amis dansent
il y a le soir le jour qui s’attarde
le carrousel des chauves-souris
il y a l’énigme avec nous dedans

Jean Prod’hom